5’000 tonnes d’huile de palme importés par les agriculteurs suisses pour la consommation animale en 2016

L’Association suisse pour un secteur agroalimentaire fort (ASSAF) a tenu ses assises le 31 mai à Berne. Elle y a abordé divers aspects du secteur comme la question de l’utilisation de l’huile de palme, notamment chez les producteurs de lait de vache.

Selon les statistiques douanières, la Suisse a importé presque 5’000 tonnes d’huile de palme en 2016 (pour vous faire une idée, cela correspond à 200’000 gros sacs) de provenance de la Malaisie et Indonésie. Entre le tiers et la moitié de cette importation a servi à alimenter les vaches laitières et leurs veaux. Le reste étant dédié à nourrir poules et cochons.

Des produits animaux au goût d’huile de palme

Dans son communiqué du 30 mai, l’ASSAF a donc souligné l’incohérence du Conseil fédéral sur sa politique agricole, en prétextant la menace pesant sur l’huile de colza indigène et en rappelant les effets négatifs de la production d’huile de palme sur l’environnement et la santé.

Exploitation d’huile de palme – Crédit photo: E. Benjamin Skinner

Rappelons en effet que de nombreux nutritionnistes recommandent de ne pas augmenter la part d’huile de palme dans l’alimentation, en raison de son impact sur les maladies cardiovasculaires. Mais cette monoculture intensive et à grande échelle est aussi une énorme catastrophe au niveau de l’habitat des animaux non-humains sauvages, comme les orang-outans de Bornéo menacés d’extinction en Indonénise et Malaisie.

Dernièrement, c’est également l’aspect social qui a été mis en cause, avec des grosses exploitations suspectées d’esclavagisme moderne et d’esclavagisme infantile.

L’utilisation d’huile de palme parfaitement légale

Bien que polémique, l’utilisation de graisse et huile de palme est autorisée par les services officiels suisses. Les fabricants de ces produits alimentaires à base d’huile de palme, comme l’entreprise Erbo Spraytec SA, se défendent: cet additif serait excellent pour l’estomac des vaches – ce qui entre en contradiction avec les résultats de ce rapport commandé en 2006 par l’Institut d’Elevage français.

Traduisons donc plutôt leur argument: cet additif est excellent pour le rendement des éleveurs.

Swissmilk se défend

Soucieux de son image, le lobby du lait a bondi et s’est pressé d’indiquer que la quantité d’huile de palme était seulement « très faible » et aussi en baisse dans le pays. Swissmilk pousserait également les éleveurs et fabricants alimentaires à se tourner vers l’huile de colza locale, malgré les coûts de transition engendrés.

On peut souligner avec ironie que Swissmilk fustige l’utilisation d’huile de palme pour son impact sur l’environnement, mais ne parle surtout pas des effets négatifs de la production de produits laitiers sur notre Terre…

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D’un point de vue antispéciste/végane, que peut-on retenir de tout cela?

On entend souvent l’argument du “produit local” lorsque l’on parle d’alternatives végétales aux produits issus de l’exploitation animale. Cet argument parait bien faible, quand on connaît les importations en Suisse et dans le monde, de céréales et de soja, et aujourd’hui d’huile de palme, destinées à l’alimentation animale locale.


Sources: 1 2

 

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Mlle L

Grande curieuse, amoureuse en cuisine, baroudeuse à petit budget. Créatrice de VeggieRomandie.ch - Organise des sessions de dessin Draw&Drink

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