Carnet de voyage vegan Lifestyle

[Carnet de voyage vegan] Japon

En me préparant pour ce voyage, chaque personne ayant déjà visité le Japon m’annonçait avec certitude que j’allais avoir du mal à trouver de la nourriture végane dans ce pays.

J’étais donc prête à me résoudre à des plats de riz et légumes, mais ce fut tout le contraire, pour ma plus grande joie!

Durant mon voyage, j’ai pu goûter à une variété de mets qui n’ont en aucun cas diminué l’expérience culturelle que la cuisine d’un pays peut apporter.

Au contraire, plus je voyage en tant que végane, plus j’ai l’impression que la « limitation » que pourrait engendrer le véganisme (du moins, dans certains pays) en termes d’alimentation, permet de sortir des chemins battus. On découvre des choses qu’encore peu de monde connaît, transformant le voyage en une expérience unique.

Si je n’ai pas eu de problème à trouver des mets végétaliens, il faut aussi indiquer que j’ai passé la majorité de mon séjour dans les grandes villes du Japon. Je pense que l’expérience aurait été plus difficile si je m’étais promenée dans la campagne rurale japonaise. Gardez ça à l’esprit si vous vous décidez d’un voyage au soleil levant, et pas uniquement parce que le concept de véganisme est pour le moins inconnu des masses, mais aussi et surtout parce que la communication avec les Japonais est presque impossible, à moins que vous maîtrisiez leur langue.

Pour me préparer au voyage, j’ai donc trouvé dans le World Wide Web une phrase écrite en japonais qui résumait ce que je ne veux pas manger et je l’ai montrée à toute occasion où je n’étais pas certaine des ingrédients du plat désiré.

Avant de m’aventurer dans un résumé des restaurants que j’ai testé, voici quelques astuces qui pourraient vous aider le long de votre voyage ou lors de sa préparation :

  • Si après des heures passées à marcher (croyez-moi, ça vous arrivera souvent) vous sentez monter une petite faim, ne craignez rien. Il vous suffit de localiser un Family Mart (une sorte de 7eleven, mais nettement plus répandu). Vous n’aurez même pas besoin de marcher énormément, il y en a sérieusement à chaque coin de rue. Entrez acheter des Onigiri. Trois sortes ne contiennent pas de produits animaux : fourrés à la prune (pickled), aux algues et moutarde, et aux algues simplement. Les trois délicieux et frais. Mon petit-déjeuner était souvent composé de ces petits triangles.
Onigiri
  • Une astuce qui n’a rien à voir directement avec la nourriture: celle de louer un Wi-Fi portable pour la durée de votre voyage. D’habitude, je me fous d’avoir accès à Internet durant mes vacances, mais au Japon, le Wi-Fi portable s’est révélé être un investissement en or. Avec Google Maps et l’application Happy Cow, plus aucun obstacle me séparait de mon bonheur végétalien.
  • Buvez tous les types de lait de soja (toniou en japonais) que vous allez pouvoir goûter, car il n’a rien à envier au lait de soja dilué à l’eau que nous avons à disposition dans nos magasins. Crémeux et épais, vous allez vous régaler!
  • Si vous avez l’occasion de prendre un shinkansen (train grande vitesse) depuis Tokyo Station, ne ratez pas l’expérience d’acheter un bento à consommer dans le train. Si au Japon, il est mal vu de manger dans les rues, l’achat d’un bento pour le voyage en train est presque une tradition que tout japonais honore. Vous pouvez bien imaginer par contre que tous les bentos sont remplis d’animaux morts, malheureusement. Sauf un. Et tout comme « la perle rare », il est difficile à localiser. Dans Tokyo Station, les magasins vendant des bentos se suivent les uns après les autres et la recherche peut vite devenir frustrante (même avec l’aide de Happy Cow). Demandez, demandez, demandez, jusqu’à ce que vous trouviez quelqu’un qui parle anglais, comme ça été le cas pour moi. Une gentille fille m’a aidé à trouver mon bonheur et m’a envoyé dans le bon magasin, et vous savez quoi ? Il ne restait que deux bento végane. J’ai envie de penser que c’est parce qu’il y a trop de demande 😉
  • Quand vous voyez le mot « vegetarian » sur un menu, ne vous découragez pas et posez des questions, plutôt que de reprendre votre chemin. Ce terme est plus fréquent que « vegan », le plus souvent il indique des mets sans produits animaux (il faut juste faire attention aux œufs).

Tokyo, le plein de ramen

Sans vraiment le planifier, c’est à Tokyo que nous avons pu déguster le plus souvent des ramen. Si comme moi, vous adorez ce plat simple et savoureux de la cuisine japonaise, je vous conseille d’en faire le plein à Tokyo.

Kyushu Jangara Ramen – Harajuku

En sortant du Parc Yoyogi après la visite d’un sanctuaire shintoïste (Meiji Jingu), quelle surprise fut de trouver dans Happy Cow ce petit Ramen Bar qui offrait un choix végétalien. Nous nous sommes ruées dessus avec plaisir. Un ramen simple avec du tofu et des légumes, mais oh quel délice.

Tokyo – Kyushu Jangara Ramen Harajuku

T’s Tantan – Tokyo Station / Ueno Station

Ce lieu est très populaire et si, comme moi, vous choisissez celui à Tokyo Station, préparez-vous à marcher un bon moment pour le trouver. Je vous conseille de lire attentivement les explications sur Happy Cow car elles facilitent énormément le chemin jusqu’à ce paradis des ramen.

Ce petit endroit (je continue à dire petit, mais tous les intérieurs au Japon sont minuscules) est entièrement végane et son menu principal offre neuf ramen différents. J’ai essayé le Golden sesam ramen qui était tout simplement délicieux.

En payant à la caisse vous trouverez aussi deux types de ramen à l’emporter, faciles à déguster dans votre chambre d’hôtel, il suffit d’y ajouter de l’eau chaude.

Tokyo – T’s Tantan

Shinjuku Gyoen Ramen Ouka – Shinjuku

Le ramen dégusté ici a été le meilleur de tout mon voyage. Un conseil : réservez à l’avance. Nous avons eu beaucoup de chance d’avoir dû attendre seulement 10 Minutes avant d’avoir une place, mais affiché sur la porte d’entrée, nous avons pu lire que l’attente peut vite durer 3 heures tellement le lieu est connu.

Cet établissement n’est pas entièrement végétalien, mais musulman. Il propose donc principalement des mets à base de viande Halal (on ne va pas entrer dans le débat), mais propose un menu végane: un ramen accompagné d’une entrée (du simili carné à base de soja) et un bol de curry japonais que le personnel recommande de manger une fois votre ramen terminé pour y ajouter le bouillon qui vous reste.

Ce ramen était moins complexe en goût que les autres goûtés auparavant, mais l’ajout de légumes frais de saison l’a rendu tout aussi exquis. J’ai accompagné mon repas, de manière pas du tout orthodoxe, d’un matcha latte au lait de soja qui était à tomber par terre.

Osaka, esprit latin du Japon (selon un autochtone)

Des trois grandes villes visitées, Osaka s’est révélée proposer moins d’options végétales, mais j’ai tout de même réussi à trouver quelques endroits sympas.

Megumi

Petite mention spéciale pour cet endroit minuscule aux allures hippies pour lequel nous avons énormément marché pour finalement arriver devant une affiche “tout complet”. La propriétaire a, malgré tout, eu pitié de nous quand elle a vu nos visages fatigués et nous a servi à manger avant que ses hôtes arrivent. Megumi prépare une cuisine fait maison, très fraîche et simple, et a la particularité d’avoir végétalisé des plats typiques d’Osaka.

Au menu, un tempura de légumes et du Okonomiyki (plat typique de cette ville) préparé avec du nattō.

Slices

C’est un bar canadien avec de la petite restauration omnivore qui sert les meilleurs “fish’n’chips” végétaliens jamais goûtés (ok, je n’en ai pas goûté des tonnes). Réalisés à base de champignons avec un chouette mélange d’épices, ces “fish” croustillants étaient exquis et c’était une belle surprise après une journée de randonnée.

Cours de cuisine, experiences de Airbnb

Pour essayer quelque chose de nouveau, nous avons tenté l’expérience d’un cours de cuisine chez un particulier que j’ai trouvé parmi les “Experiences” proposé sur Airbnb.com.

Au menu, deux types de ramen et deux sortes de gyoza, le tout enseigné par Yucco. C’était un pur plaisir d’apprendre les secrets pour la réussite d’un bon ramen fait maison et de s’essayer à quatre types de techniques pour fermer les gyoza.

Le tout couronné par le pur plaisir de dévorer tout ce qu’on avait contribué à préparer. Je recommande vivement cette expérience, mais je précise que Yucco n’est pas végane et que même si sur Airbnb le titre mentionnait de manière précise « cuisine végane », elle donne également des cours Halal et de cuisine traditionnelle.

Nara

Ancienne capitale du Japon, Nara peut être visitée en une journée depuis Osaka.

Quand vous aurez besoin d’une pause, cherchez le restaurant Rokumeien qui vous offrira l’occasion de goûter aux udon. J’ai énormément apprécié la simplicité de ce repas servi en style proprement japonais. Le menu était traduit en anglais et il y avait deux options véganes.

Les udon étaient accompagnés de fameux pickles japonais, de riz et d’un tofu soyeux (il est toujours servi dans de la sauce soja et du wasabi et c’est juste divin !). Faites juste attention à une chose : vous allez gicler du bouillon partout. Autant j’adore manger avec les baguettes, je trouve cette façon de manger très satisfaisante, autant les udon sont les nouilles les plus glissantes jamais inventées sur cette planète. Ce repas a engendré plusieurs fous rires et le soulagement d’avoir porté des habits sombres ce jour en particulier 😉

Nara – Rokumeien

C’est aussi à Nara que j’ai découvert la chose la plus géniale en matière de nourriture sur le pouce : la pomme de terre japonaise grillée. Un petit stand en vendait, entières, dans un petit sac en papier. Il n’y a rien de plus satisfaisant que déguster une patate douce avec vos mains (un peu comme manger des marrons).

Le Koya-san, la montagne aux 110 temples bouddhistes

Une nuit et un jour suffisent pour explorer ce petit village constitué par quelques magasins et 110 temples Bouddhistes. Vous aurez l’occasion de dormir à l’intérieur d’un temple (Shukubo) dans une chambre simple avec des futons super confortables.

L’air frais, les promenades et l’énergie sacrée du cimetière Okono-in rechargerons vos batteries, mais surtout vous aurez la possibilité de goûter à la cuisine traditionnelle du lieu, pratiquée par les moines Shingon (une branche du bouddhisme qui pratique le bouddhisme ésotérique), cuisine qui est connue dans tout le Japon sous le nom de Shojin-ryori et qui est entièrement dépourvu de produits animaux.

Servi à 18h pile, pas une minute plus tard sinon vous mangez froid, nous avons pu goûter à des plats simples, épurés, mais tellement élégants et savoureux que même à présent j’en ai l’eau à la bouche. Culinairement, mais aussi spirituellement, ce fut le moment le plus précieux du voyage.

Petite mention pour les meilleures châtaignes jamais goûtées. Énormes et pleines de goût !

Koyasan – Châtaignes
Koyasan – Châtaignes

Kyoto, une vieille ville envoûtante

Il y a des fortes chances qu’une des premières choses que vous allez vouloir visiter une fois à Kyoto soit le Fushimi Inari Tanisha, ce fameux sanctuaire aux Torii rouges. Pour ce faire, je vous conseille vivement d’y aller très tôt le matin pour entamer la promenade sans trop de touristes. Vous aurez alors tout le temps par après de prendre votre petit déjeuner aux stands de bouffe qui se seront installés au pied du sanctuaire et tout au long de la route qui vous amènera au métro.

J’ai pu goûter à la fameuse patate douce, à l’épi de maïs grillé, à une pomme de terre enroulée sur un bâtonnet et aux fameux mochi. Le tout complété par un matcha frappé au lait de soja juste parfait.

Kyoto – Fushimi Inari
Kyoto – Fushimi Inari, le Matcha latte

Mimikou

Nos derniers udon du voyage, nous les avons dégustés chez Mimikou, un restaurant bon marché avec un menu entièrement labellisé  végétarien avec la mention que tout dans ce menu est en fait sans produits animaux.

Autant dire que nous nous sommes régalées. Le bol était gigantesque et les saveurs exquises ! J’ai goûté au Kitsune Curry Udon avec des légumes en tempura sur le dessus. Un délice !

Choice

Un soir de fatigue, sans vouloir trop se déplacer, nous avons opté pour ce restaurant aux goûts occidentaux. Les revues sur Happy Cow étaient très positives quant à leur sélection de fromages véganes et à juste titre, chaque bouchée était parfumée et savoureuse, mais j’ai trouvé les portions très petites pour le prix. Une mention spéciale va à leur cheesecake à la limette, si onctueux et fabuleux.

VegOut

Un petit café convenablement situé près de notre Airbnb et qui nous a donné la possibilité de prendre un petit déjeuner comme il faut, car jusque-là, nous nous sommes arrangées avec du pain et des onigiri.

Au menu, pain toasté et avocado et un super panini italien, farci avec du tofu, des carottes des aubergines et une bonne sauce à la betterave, le tout bien sûr accompagné d’un bon matcha latte. C’était l’occasion de prendre son petit déjeuner avec vue sur le fleuve et regarder les activités matinales d’un héron cendré pour bien commencer la journée.

Kyoto – VegCafé
Kyoto – VegCafé

Mamehachi

Pour notre dernier soir, nous voulions aller manger un dernier ramen, mais une fois arrivé devant le restaurant Kyoto Engine Ramen, nous l’avons trouvé fermé. Le restaurant le plus proche avec des options végétaliennes était donc Mamehachi.

Un charmant restaurant a la typique élégance japonaise avec beaucoup de choix végétarien, mais pas tout végétalien. Cependant, les serveurs et serveuses savent de quoi il s’agit et nous ont dirigé vers les bons plats. Nous avons pu goûter au Yuba (peau qui se forme lorsqu’on fait bouillir le lait de soja) et au Nama-ku (produit avec le gluten du blé, c’était le substitut protéiné pour les moines d’antan – un peu comme la grand-mère du seitan).

Tout était servi dans des petites portions : du tofu frit, du tempura de tofu et un tofu soyeux dans du lait de soja. Oui, vous l’aurez compris, le thème de cette soirée était le tofu et j’en étais ravie, car le tofu au Japon est une toute autre histoire !

Ce conclu ainsi mon récit végétalien japonais. J’espère que certain.e.s parmi vous pourront en profiter lors d’un futur voyage.

N’hésitez pas à poster des commentaires si vous avez des autres endroits à conseiller à nos lecteurs.

Arigato gosaimasu (merci beaucoup) si vous avez lu jusqu’à la fin cet article interminable et Sayonara, à une prochaine!

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