[Cause animale] L’usage des drones pour documenter l’horreur des élevages?

Traduction de l’article d’Ariel Schwartz publié le 7 juillet 2014

Certains états américains ont interdit aux gens la prise photo d’activités d’élevage. Les drones vont-ils changer la donne? Ils peuvent en effet contourner cette loi et documenter l’horreur des élevages.

Il est difficile, et souvent illégal, de documenter par des photos les abus commis sur les animaux d’élevage. Le journaliste d’investigation Will Potter va tenter de changer la donne en utilisant des drones.

Le journaliste Will Potter
Le journaliste Will Potter

Will Potter a en effet lancé une campagne de crowdfunding sur Kickstarter et a récolté à ce jour 75,064$ pour l’achat des appareils, la production vidéo, les dépenses légales, la production d’un e-book et le financement d’un documentaire.

Il est facile d’ignorer l’horreur des fermes usines, mais parfois des vidéos choc peuvent réveiller la conscience générale. Des associations comme The Humane Society et Mercy for Animals ont tourné des vidéos qui ont eu un réel impact au fur et à mesure des années.

En 2008, par exemple, une enquête filmée de The Humane Society dans un abattoir californien dénonça les mauvais traitements infligés aux animaux: coups de fourche, coups de pieds – et pire. Cette dénonciation a été responsable du rappel de 64 millions de kilos de viande jugée insalubre à cause de ces pratiques. Le plus grand rappel de viande de l’histoire américaine. L’industrie était furieuse.

Depuis 1990, des lois limitent la marge de manœuvre des activistes et des journalistes en interdisant l’accès aux zones d’élevages, mais après la vidéo de 2008, ces lois, appelées « Ag Gag », ont été fortement durcies, rendant par exemple illégal la prise photo d’acte de cruauté envers des animaux d’élevage dans sept états.

J’ai longtemps enquêté malgré les lois Ag Gag, mais j’ai pu remarquer le durcissement politique à ce sujet. Je reviens d’une conférence en Australie, et là aussi ces lois apparaissent, raconte Will Potter. C’est pourquoi j’ai réfléchi à l’utilisation de moyens plus créatifs.

Inspiré par les photos satellites de l’artiste anglais Mishka Henner, démontrant l’impact écologique terrible des rejets des fermes usines, il décide de s’intéresser aux drones.

Mishka Henner - Coronado Feeders, Dalhart, Texas (2013)
Mishka Henner – Coronado Feeders, Dalhart, Texas (2013)

Conscient que les drones ne pourront pas dénoncer les abus infligés aux animaux, il espère documenter les abus infligés à l’environnement, comme les lagons de rejets toxiques documentés par Henner. « Toute la saleté, les déchets et le fumier des fermes usines finissent dans ces puits géants. Des zones où les gens respirent de l’air vicié, où les enfants ont un taux plus élevé d’asthme. » dit Potter. Il espère aussi dénoncer les industries utilisant à tort des appellations de viande « en liberté » ou « respectueuse ».

La photo aérienne n’est aujourd’hui pas contrôlée aussi étroitement que la photographie classique, mais Potter doit toujours faire très attention. Au Texas, une des lois les plus dures en matière de photo aérienne a été mise en place après la publication d’un déversement de fumier et de sang dans une rivière. D’autres états commencent aussi à réguler cette utilisation des drones.

La triste réalité est que quand je décide d’enquêter sur certaines exploitations, je dois tenir compte des poursuites pénales. Je ne veux pas gaspiller les fonds obtenus en batailles juridiques, dit Potter.

Du côté des éleveurs, les réactions ne se sont pas fait attendre sur Internet. Certains menacent de tirer sur les drones, d’autres déclarent « n’avoir rien à cacher ».

 

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Mlle L

Grande curieuse, amoureuse en cuisine, baroudeuse à petit budget. Créatrice de VeggieRomandie.ch - Organise des sessions de dessin Draw&Drink

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