Nutrition végétale Santé et Bien-Être

Ces phrases reloues qu’on a entendues chez le médecin (et qu’on ne veut plus entendre)

En tant que véganes, nous sommes nombreux et nombreuses à avoir eu des échanges improbables avec des médecins. Voici une petite compilation des témoignages récoltés dans notre entourage.

Val, le foin et les ours

Que l’on soit végane ou non, personne ne coupe vraiment à la fameuse visite annuelle chez le médecin, appelée aussi « check-up ». En temps normal, cette séance sert à vérifier que tout va bien. Soit. Sauf bien sûr quand on fait l’erreur de dire qu’on est végane.

Prononcez ce simple petit mot de six lettres et vous verrez votre gentil.le médecin d’ordinaire charmant.e se transformer en nutritionniste féroce. Mais ça c’est encore si vous avez de la chance. Il ou elle pourrait simplement vous sortir les même arguments que vos potes.

Lors d’une récente visite chez la médecin, j’ai eu droit aux arguments les plus dépassés qui soient. J’ai hoché sagement la tête et acquiescé pour qu’elle me laisse tranquille, mais, apparemment, elle semblait avoir envie de me faire un petit discours pour que je comprenne mon erreur.

Quand je pensais qu’on ne me referait plus jamais le coup de « c’est la loi de la nature », elle a réussi à me dire qu’on était comme des lions. Ha bon ? Je ne savais pas que les lions enfermaient des troupeaux d’antilopes entiers pour pouvoir les manger sans effort…

Percevez ici mon ironie. Je ne savais pas non plus que si on ne les mangeait pas, les poissons se feraient de toute façon manger par des ours. Oui vous avez bien lu, des ours ! La surpêche dans l’océan qui est quand même le problème principal, on en parle ou non ? Ah non, c’est vrai que les ours c’est bien plus sensé.

Même ledit ours n’en revient pas, de cet argument pourri.

Une autre chose à laquelle en tant que mammifère, je n’aurais jamais cru entendre encore un jour : les vaches n’ont pas besoin de faire de veau pour produire du lait, le foin suffit. PARDON ? Là je pense que je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir l’air interloquée. Les vaches produisent du lait en mangeant du foin, mais quelle merveilleuse nouvelle qui arrange tout. Je dois dire que cet argument m’a laissé sur le tapis. Comment est-ce qu’en étant médecin, femme qui plus est, peut-on oser dire des choses pareilles ?

Non vraiment ça me dépasse.

Comment peut-on confier sa santé à une personne qui ne sait pas qu’un mammifère produit du lait pour nourrir ses petits à la naissance ? Il ne me semble pas qu’il faille avoir fait 10 ans de médecine pour le savoir, ou je me trompe ?

Je ne suis sûrement pas la seule dans ce cas, et je trouve ça vraiment dommage quand on sait qu’une alimentation végétale est de plus en plus recommandée pour la santé. Ce rendez-vous m’aura convaincue de la nécessité de changer de médecin et je pense ne pas être la seule dans ce cas. Je me lance maintenant à la recherche du médecin qui ne me fera plus de commentaires, avec un peu de chance, il doit bien en exister un.e quelque part.

Mathilde, la créativité de l’hôpital

Hospitalisée pendant quatre jours dans l’un de nos grands hôpitaux universitaires cantonaux, j’avais fait savoir au personnel soignant que je mangeais végétalien. Les trois premiers repas qu’on m’amène sont végétariens… Bon. J’en parle à la visite médicale suivante, on me dit que la diététicienne va venir me voir. Je lui explique qu’il n’est pas question de problème avec le lactose, que je choisis de ne pas manger de produits laitiers tout court. Elle prend note.

Après 3 jours à vivre des paquets de crackers, je me réjouis de l’arrivée du prochain plateau-repas qui devrait – enfin – être végétalien. Quand il arrive, je ne suis pas déçue :

Une purée au lait sans lactose (raté), un peu de ratatouille dans un coin et deux blocs de tofu. Natures. Cuits à l’eau. Oh et une rondelle de citron – so fancy ! Merci les recommandations fourchette verte 😊

Le magnifique plat de Mathilde à l’hôpital

Luisa, première consultation

“Mais non. Pourquoi vous vous faites ça?!” Voilà en gros la réaction professionnelle face à ma médecin quand je lui ai annoncé manger végétalien. Pour une première consultation, c’était une sacrée bonne impression – j’imagine dans les deux sens.

Si ça s’était arrêté là, à la rigueur, ok. Mais constatant, après une prise de sang, que mon taux de vitamine B12 était trop bas (il y a 5 ans j’ai fait l’erreur de croire les personnes disant sur Internet qu’on n’avait pas besoin de se supplémenter en cette vitamine), elle me recommande une supplémentation à … 1000 microgrammes, une fois par mois.

Alors qu’avec un régime végétalien, c’est plus de 2000 microgrammes qui sont recommandés…par semaine (si tu n’es pas au courant, lis cet article qui te dit tout sur la vitamine B12)!

Inutile de souligner à quel point ma santé aurait pu être carrément foutue si j’avais suivi ses instructions. Heureusement, j’ai fait des recherches de mon côté, et j’ai vite compris qu’une piqûre mensuelle de 1000 µg à son cabinet n’allait pas me guérir de cette carence.

Les semaines suivantes, j’ai eu des fantasmes d’imprimer un polycopié complet sur la B12 et le lui livrer au cabinet avec une phrase tranchante du style “EDUCATE YOURSELF HUMAN!”.

Célimène, même chez la gynéco

Les questions, qu’elles soient lourdes, curieuses, redondantes, inappropriées, intéressées ou encore vindicatives sont courantes lorsque l’on est vegan. Elles proviennent de nos amis, famille, collègues de boulot ou même du corps médical.

Et justement, en parlant de ce dernier, en ce qui concerne mes consultations médicales diverses (ah ces véganes carencés…eh oui, les véganes aussi consultent leurs médecins, les carnistes n’ont pas l’exclusivité, désolée), j’ai eu le droit à quelques perles.

Mais probablement moins que d’autres, car dès le départ, j’ai été très claire sur l’importance de mon véganisme et mes choix alimentaires. Du coup, cela m’a probablement évité quelques questions.

En revanche, j’ai quand même eu le droit à des prescriptions de médicaments aux composés animaux alors que mon médecin savait pertinemment que je suis végane ou ma gynécologue qui me demande à chaque consultation si je suis “toujours vegan”. Je ne vous cache pas que j’aimerais bien parfois lui répondre “non”, juste pour voir sa réaction (« Non…alors? soulagée? »).

Ou encore une diététicienne de mon entourage (qui n’est d’ailleurs pas la seule) qui insiste encore sur la combinaison “légumineuses-céréales” pour obtenir des protéines dites “complètes”.

Pour information, cette théorie fut véhiculée par Françoise Lappé en 1971 dans son bestseller de l’époque Diet for a small planet. L’auteure y affirmait que les végétaux sont déficients en certains acides aminés, et que par conséquent, afin d’avoir un régime alimentaire végéta*ien équilibré, il fallait combiner les céréales et légumineuses afin d’ingérer tous les acides aminés essentiels dans les bonnes quantités. Elle n’était ni nutritionniste, ni physiologiste ni docteur, mais une sociologue qui tenta d’apporter une solution à la faim dans le monde. Dix ans plus tard, elle se rend compte de son erreur et affirme clairement que tous les aliments d’origine végétale habituellement consommés pour leur apport en protéines contiennent tous les acides aminés essentiels et ce dans une quantité suffisante.

Aujourd’hui, et depuis un bout de temps maintenant, la majorité des professionnels de la nutrition s’accordent pour dire que ces informations ne sont pas correctes et que les protéines végétales possèdent bel et bien toutes les acides aminés – en quantités variables. Les combinaisons ne sont donc pas nécessaires. Les diététiciens suivent régulièrement des formations continues, non?! Voilà pourquoi je doute donc souvent de la qualité des propos tenus par professionnels de la nutrition.

Mais j’ai surtout de la peine avec ceux qui s’improvisent nutritionnistes (médecins ou non). Rappelons au passage que les diplômés de l’université de médecine ont suivi en moyenne moins de 10 heures de cours de nutrition.

Sinon, tout va bien. Mon véganisme et moi nous portons à merveille. Merci.

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