Santé et Bien-Être Sport

Comment j’ai préparé un triathlon longue distance en étant entièrement végane

Je suis sportive. Chez les Spice Girls, je m’identifiais à Mel C et je suis la personne qui soûle ses abonné-e-s Insta avec ses 24 stories quotidiennes sur ses activités physiques.

Ces derniers mois, je préparais un triathlon longue distance, un semi-Ironman, une course d’environ 6h de temps (enfin, les premiers ne font que 4h d’effort, mais pour les gens normaux, on tourne plutôt entre 5 et 7h30).

Il m’a fallu beaucoup de préparation pour cette course qui enchaînait 1,9km de natation, 90km de vélo et 21km de course à pied. Depuis quelques mois, je m’entrainais donc environ 12 fois par semaine : 3 séances de natation, 3 séances de vélo, 3 séances de course et 3 séances de musculation.

Et tout ça, sans produit d’origine animale (POA). Voici mes quelques conseils pour les personnes qui voudraient se lancer dans cette aventure!

Pour te faire une idée de ce que représente un semi-Ironman

Les protéines

Oublie ce que tu penses avoir appris : une carence en protéines est possible, mais elle est rare, et si certain-e-s végétalien-ne-s tendent à consommer moins de protéines que ce qui est recommandé, nous avons a priori un peu de marge ! Ne te focalise donc pas sur des recommandations aberrantes du type 1,5 à 2gr protéines/kg de masse corporelle !! Même tes ami-e-s omnis n’en consomment pas tant !

Cependant, si tes objectifs sont esthétiques (par exemple, pour le bodybuilding), une alimentation plus riche en protéines est recommandée… comme c’est le cas pour un bodybuilder par rapport à une personne qui pratique peu de sport.

Dans ce cas précis, des protéines « maigres » sont conseillées ; pour les véganes, on recommande par exemple de se tourner vers le seitan dont le profil nutritionnel est très peu riche en hydrates de carbone par rapport aux protéines, ou vers les protéines en poudre qui permettent d’ajouter facilement de grandes quantités de protéines à ses apports journaliers. Le compte Instagram de @fritzness regorge d’informations sur ce cas précis.

1,9 km de natation en cours.

La fatigue

Si tu te sens plus fatigué-e qu’avant ta transition pendant ton entraînement ou simplement au quotidien, il peut être utile de « tracker » ce que tu manges sur une ou deux semaines, pour t’assurer que tu consommes assez de calories, d’où qu’elles proviennent (glucides, protéines, ou lipides). Si l’on se contente effectivement de supprimer des produits (fromage, viande, œuf) par rapport à ce qu’on mange d’habitude, il est possible que l’apport calorique des repas auxquels nous sommes habitués soit trop faible.

En suivant de près ce que l’on mange pendant quelque temps, cela permet de mettre ceci en évidence et de corriger le tir cas échéant.

Le petit-déjeûner et les snacks

Je crois dur comme fer au petit déjeuner, même si le jeûne intermittent est à la mode : il me permet d’avoir de l’énergie pour mes entraînements à venir ou pour récupérer des séances faites à jeun le matin. Tout ceci est propre à chacun, mais si tu te sens fatigué-e, cette piste peut être à explorer.

Explore les multitudes de snacks qui sont sur le marché pour les sportifs – bien qu’ils ne soient pas indispensables, ils peuvent dépanner après un entraînement intense ou pendant une pratique longue (par exemple à vélo) : beaucoup d’entre eux sont végétaliens, j’ai personnellement un faible pour les Cliff Bar.

La ligne d’arrivée de l’IronMan !

Tous ces conseils semblent très techniques, mais au quotidien, je ne tracke pas mes macronutriments, ni ne me prend la tête plus que ça. Je mange beaucoup parce que j’ai toujours faim, mais ça c’était déjà le cas avant !

Pour avoir une idée plus précise de ce à quoi cela peut ressembler au quotidien, je t’invite à découvrir ce qui se passe pendant une journée dans mon assiette.

Le tofu du Général Tao : un repas parfait énergétiquement parlant et délicieux.

Le végétalisme n’est pas incompatible avec une pratique sportive soutenue. Les exemples de sportifs d’élite mangeant végétalien se multiplient et démontrent aux sportifs moyens comme moi que l’alimentation végétale n’est pas limitante.

Deux exemples bluffants qui prouvent que performance et végétalisme ne sont pas incompatibles

Colin O’Brady : Colin détient le record de l’Explorator Grand Schlem et celui de la traversée de l’Antarctique sans assistance, qu’il a terminé l’hiver dernier. Au cours de cette dernière performance qui a duré 54 jours, il a mangé entièrement végétalien et a prouvé qu’un exploit physique tel que tirer un traîneau de presque 200 kg à travers la banquise était possible et sans cruauté animale !

Robbie Balenger : en 75 jours, Robbie a traversé le continent nord-américain en courant. Parti de Californie le 16 mars, il est arrivé en Pennsylvanie à la fin du mois de mai. Soutenu par une marque de glaces véganes, il cherchait en partie à promouvoir le véganisme et a démontré – avec brio – qu’une alimentation végétale est parfaitement compatible avec des efforts sportifs intenses et longs.

https://www.instagram.com/p/BqYMXFnFBqo/

Mon unique problème pour concilier le sport et le véganisme – et je fais ici mon mea culpa – sont les équipements sportifs. Je ne suis pas très regardante lorsque j’achète mes baskets, puisque je privilégie les modèles qui conviennent à mes pieds, et j’avoue n’avoir jamais vérifié si elles étaient véganes. Il en va de même pour mes chaussures de vélo.

Côté textile, on est en général plus tranquille, si ce n’est avec la laine mérinos qui se glisse de plus en plus dans certains vêtements – mais en général on s’en rend compte au moment de sortir le porte-monnaie.

Si une sélection de marques de sport véganes t’intéresse, fais-le moi savoir en commentaire 🙂

Photo d’illustration: ironman.com

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