Des centaines de personnes marchent à Berne pour la fin du spécisme

Article et photos réalisés par Anthony Peluso

La marche pour la fin du spécisme a rassemblé ce samedi 1er juillet plusieurs centaines de personnes à Berne, afin de protester contre la discrimination fondée sur le critère de l’espèce, et ainsi faire comprendre que les animaux ne sont pas des objets.

Cette manifestation pacifique a été organisée par l’association Tier-Im-Fokus (TIF), qui lutte contre toute discrimination et se désolidarise de tous mouvements fascistes, racistes, sexistes ou totalitaires-religieux.

Les participants se sont rassemblés à la place Schützenmatte en début d’après-midi, d’où après un discours d’ouverture, la marche s’est mise en branle timidement. Le cortège s’est ensuite dirigé jusqu’à Kornhausplatz pour une action visuelle où chacun tenait une feuille représentant un cœur rouge se détachant d’une silhouette noire de différents êtres vivants.

Un peu plus loin, après être passée par une multitude de rues étroites (et sans visibilité) en scandant des slogans tels que Speziesimus raus aus den Köpfen! (ndrl: Le spécisime doit sortir de nos têtes!), la marche a pris fin sur la Rathausplatz, où des discours de différentes personnalités du monde animaliste et une action en combinaisons blanches clôturaient cette journée militante.

Cette jeune manifestation, qui se déroulait précédemment à Genève, connaissait une notoriété grandissante et attirait les années précédentes beaucoup plus de monde, alors pourquoi aujourd’hui, les défenseurs de la cause animale ou simples amis des animaux non-humains y ont montré si peu d’intérêt?

Est-ce un effet de mode qui s’estompe, une lassitude, ou tout simplement un manque de coordination et de communication entre les divers associations animalistes?

La question reste ouverte…

PS: Ne nous reposons pas sur nos acquis, luttons ensemble et éradiquons toutes les discriminations!


Quelques réactions et propos recueillis sur place

“Je suis là aujourd’hui, parce que je pense que c’est important de se rassembler et d’occuper la place publique, afin que soit enfin reconnue et réfléchie la question du spécisme. Le spécisme, discrimination basée sur l’espèce, est en effet aujourd’hui encore l’idéologie sur laquelle repose notre société. Pourtant, nous savons que les animaux ont un intérêt à vivre une vie la plus longue et la plus heureuse possible. Il est donc grand temps de fermer les abattoirs, de respecter les intérêts de ces êtres sentients, et de leur accorder les droits fondamentaux qu’ils méritent. C’est une question de justice.”
Manuelle, 24 ans, bénévole pour Swissveg

 

Crédit photo: Anthony Peluso

“Je suis là pour représenter les animaux non-humains et demander l’abolition de leur exploitation. Cette marche signifie que la question animale et le spécisme sont des sujets politiques importants et sur lesquels la population doit prendre position sérieusement au lieu de se contenter du statu quo qui autorise la mort de 700’000 animaux par jour en Suisse sans aucune nécessité. Le spécisme m’évoque une oppression invisible, banalisée et institutionnalisée, qui considère que les intérêts des autres espèces peuvent être méprisés juste parce qu’ils n’ont pas la chance de faire partie de la famille des « humains ». Parler de spécisme exposé les systèmes de domination, remet également en question sa propre exploitation et interroge sur la légitimité d’autres privilèges socialement acceptés (sur les femmes, les pauvres,…). En ce qui concerne la fréquentation, je pense qu’il y a un manque de pub en Romandie, qui attendait la marche en août, et que c’est aussi dû à un « Röstigraben » qui divise le mouvement animaliste en Suisse (pour l’instant).”
Charles, 29 ans, bénévole, activiste et militant pour plusieurs associations antispécistes (269Life Libération Animale, PEA, Veganovorus)

Crédit photo: Anthony Peluso

 

“Je suis là parce qu’à cause du spécisme, des milliers de milliards d’individus dotés de sensibilité et d’un désir à vivre et à ne pas souffrir sont mis à mort chaque année. Cette marche est une revendication politique pour une prise en considération des intérêts de tous les êtres sensibles, indépendamment de leur espèce. Le spécisme est une injustice meurtrière que rien ne peut justifier, et cette marche est l’occasion de réclamer une société plus juste pour tous les êtres sensibles.

Lors des marches précédentes, qui ont eu lieu à Genève, on a eu beaucoup de soutien de militant-e-s venant de France. Peut-être que la barrière linguistique a été un frein à ce soutien, notamment suivant la façon dont la communication a été gérée. C’est un aspect extrêmement important et qui prend beaucoup de temps: contacter d’autres associations, faire connaître l’événement et inviter les gens à participer.

Dans tous les cas le fait qu’il y ait moins de monde que les autres années n’indique certainement pas que le mouvement faibli, bien au contraire: de plus en plus de personnes prennent conscience des injustices liées au spécisme et deviennent véganes. Malheureusement la plupart de ces personnes s’en tiennent à une démarche individuelle et pensent que cela relève du choix personnel plutôt qu’une revendication politique. La difficulté est de faire prendre conscience à ce public qu’il est nécessaire de se mobiliser pour mettre fin au massacre causé par le spécisme.”
Sylvain, 31 ans, militante et bénévole pour l’association antispéciste PEA – Pour l’Égalité Animale

Crédit photo: Anthony Peluso

 

“Etant membre de l’association PEA qui a lancé cette marche pour la fin du spécisme, j’ai été chargée de faire un discours et j’espère avoir pu faire prendre conscience de l’impératif de notre lutte. Même si l’efficacité de la rue est limitée, nous ne sommes pas suffisamment nombreux.ses à utiliser l’outil qu’est l’espace public pour faire entendre nos revendications.

Le spécisme est obsolète depuis toujours, injuste et meurtrier, nous devons repenser notre société et fonder sa morale sur une base vraiment pertinente. Pour répondre à la question sur le peu de monde, effectivement la marche à Genève en 2015 et en 2016 a accueilli plus de manifestants.tes. Plusieurs facteurs expliquent cela; l’année dernière PEA a énormément investi dans la communication, le lieu et la date étaient également plus propices aux déplacements de militants français, belges et plus pratiques pour les emplois du temps.”
Alizée, 20 ans,militante et bénévole pour plusieurs associations antispécistes (269Life Libération Animale, PEA, Veganovorus)

 

“Dans notre société, il y a une ligne invisible que rien ne justifie entre les êtres humains et les autres animaux. Comme le prouve la science, nous sommes tous des individus, quelque chose de fort nous unit, nous avons tous des émotions, éprouvons tous de la joie et du plaisir mais aussi de la douleur et de la tristesse, nous avons tous le droit de ne pas être exploités. Il s’agit d’une obligation morale de mettre fin à ce carnage qu’est l’exploitation d’êtres vivants pour le simple confort et profits de quelques humains, n’oublions pas que nous sommes tous des animaux… Mettons fin à cette idéologie qui permet de mépriser les intérêts d’autres êtres vivants, je demande la fin de l’exploitation animale et le respect de la vie, car vivre sans tuer est possible, pourquoi n’abolissons-nous pas la peine de mort pour les non-humains, j’ai envie de crier, à mort les discriminations, à mort le spécisme!”
Anthony, 41 ans, Veganarchy

Crédit photo: Anthony Peluso

“Je suis pour la fin du spécisme, parce que les autres espèces ne sont pas subordonnées, mais comme nous, font parties de la nature, si nous voulons survivre, nous devons apprendre à coexister.”
Norman, 27 ans, bénévole et activiste chez ATRA – Diritti Animali

 

“Je m’engage pour la fin du spécisme, parce que je veux faire quelque chose de bien pour les animaux. Avec Animal Rights Switzerland, je suis favorable à ce que les animaux aient leurs droits et qu’ont cessent de les traiter comme des matières premières.”
Pablo, 25 ans, bénévole et militant pour Animal Rights Switzerland

 

“Pour moi, un rassemblement (peu importe son importance) est une bonne chose. Certes il n’y a pas eu tant de monde, mais ce n’était pas désert non plus. Un peu décevant pour une capitale tout de même. Je n’ai pas trouvé le parcours pertinent (peu de monde dans les rues choisies) et l’absence d’action et de « vegan place » manque cruellement. Mis a part tout ça, j’ai kiffé me retrouver avec des gens qui s’investissent pour un monde plus juste.”
Cemil, miliant France Insoumise

Crédit photo: Anthony Peluso

“Je suis pour la fin du spécisme, parce qu’une société équitable doit exprimer des droits égaux pour les mêmes besoins. L’espèce, le sexe, l’ethnie ou toute autre caractéristique arbitraire ne doit jamais être une raison pour réprimer et exploiter les êtres vivants. Mais dans notre société, les animaux sont considérés comme des ressources, des machines et sont traités en conséquence. C’est fini ! Les animaux ne sont pas notre propriété, ils appartiennent à eux-mêmes.”
Alexander, militant pour Tier-Im-Fokus

 

“Je suis pour la fin du spécisme, parce que toute idéologie qui justifie l’oppression et l’exploitation est à abolir. L’idée dominante de spécisme est basée sur l’idée que l’humain est supérieur à toutes les autres espèces, ce qui doit légitimer la maîtrise de leurs corps, de leurs vies et de leurs habitats. La discrimination simplifie l’exploitation, au profit de la classe dirigeante. Dans l’économie capitaliste, les animaux non humains sont traités comme des marchandises et sont utilisés comme des machines pour la production et la reproduction. Si nous voulons vaincre toutes les dominations, il faut tenir compte de toutes les souffrances, c’est-à-dire de tous les animaux!”
Salomé, 24 ans, bénévole et militante pour Schlachthaus-Nachtwache Zürich


Propos recueillis par Anthony Peluso

Qu’est-ce que le spécisme?

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VeggieRomandie

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