Expérience 1 mois 100% végane: première semaine

Végane durant 1 mois, elles le tentent durant tout le mois de novembre!

Trois participantes du challenge nous font part de leurs impressions au fur et à mesure de leur expérience sur VeggieRomandie. Présentation des participantes ici.


Alice

alice

Dans l’ensemble tout va bien, je pensais que mon petit déj sans chocolat chaud serait difficile mais non, deuxième année du World Vegan Month, alors c’est comme le vélo, j’ai vite retrouvé mon équilibre. Mon point le plus dur est la pâte à tartiner bio, mais des alternative existent, par ex chez Jean Hervé avec une pâte 100% vegan.

J’ai fait une recette de tofu mariné dans du sirop d’érable avec ces petits légumes sauté au wok avec des nouilles de riz, franchement ça déchire. Qui a dit qu’être vegan ce n’était pas pour les gourmands?

Voici un aperçu de mes repas:

Sarah

sarah

Cette première semaine fut riche en découvertes culinaire ! J’ai commencé par apprivoiser le faux-mage avec un délicieux gratin dont la recette se trouve sur ce site, j’ai perfectionné une recette de galette de lentille au lait de coco avec du riz basmati, mangé de délicieux banana cake en guise de dessert ou de petit déjeuner, découvert, grâce à ma maman qui me suis dans mon challenge les protéines de soja texturisées à la sauce provençale, purée de patate douce et « crème satay » et enfin mais surtout, pour ceux qui me demandent si je mange assez, je me suis régalée !

Ce qui peut-être pourrait être le plus difficile pour moi serait de trouver des petits trucs sucrés à manger, étant un vrai bec à sucre ! Je trouve un peu dommage de devoir tout prendre de la maison, j’aimerais bien que l’uni se bouge un peu plus pour nous proposez des trucs végan aux cafets (à bon entendeur…).

Pour finir, j’avais juste envie de ressortir quelques remarques qui m’ont été faites. Beaucoup de mes amis m’ont dit qu’ils admiraient ma démarche, mais qu’ils n’arriveraient pas à faire de même. Mais, voilà, le problème est que quand je leur propose de leur expliquer comment faire, ils se rétractent en disant qu’ils ont trop l’habitude de boire du lait le matin et de manger de la viande à midi et qu’ils ne pourraient pas changer cela. Après, j’apprends aussi à relativiser et à regarder ma propre expérience, moi qui il n’y a même pas un an traitait les végans d’extremistes…

Je crois que le seul moyen pour que les gens changent est qu’ils se fassent eux-même leur propre idée de la question (d’où la bonne idée d’être actif sur les réseaux sociaux).

Une autre remarque qui m’a été faite que j’ai trouvé plutôt intéressante est là suivante : « la viande je veux bien, mais pas le lait ! ». J’imagine que ce qu’il se passe dans la tête des gens quand ils pensent au lait,  est une sorte de représentation type d’une petite ferme style « Heidi dans la montagne ». Oui.. mais. Non. En fait, on ne voit pas l’envers du décors, on pense que les vaches sont heureuses et qu’il n’y a pas de morts… Bullshit (c’est le cas de le dire) ! Voir un veau séparé de sa mère à la naissance (et oui, aussi en Suisse) c’est juste horrible, personne ne souhaiterait cela à n’importe quel humain, alors pourquoi cela serait-il différent pour les vaches ?

Comprendre que le fait de boire leur lait ne valait pas mieux que de manger leur viande, m’a beaucoup aidée. C’est vraiment juste plus possible pour moi. Je suis peut-être, je l’avoue, quelqu’un d’influençable, mais j’imagine avoir été plutôt bien influencée pour le coup 😉


Le commentaire de Vanessa, végane depuis 2 ans

Alice nous fait part de ses craintes quant à ses habitudes alimentaires. Quand j’ai débuté (j’ai d’abord été végétarienne), j’ai eu les mêmes peurs : “comment je vais faire pour me passer de ça ? J’ai trop l’habitude de manger mon saucisson à l’apéro”, etc. Au final, comme la décision relevait d’une certaine question d’éthique, ça ne m’a pas posé plus de problème que ça de me passer de certains aliments. Quand on sait la cruauté qui se cache derrière et pourquoi on le fait, finalement, ce n’est pas difficile.

Alice nous parle aussi d’une nourriture gourmande. Je la remercie de mettre ceci en avant : manger vegan, c’est manger. Et les vegans aiment autant manger que les omnivores ! Beaucoup de gens pensent que le veganisme c’est privation, restriction. Alors oui, on a un choix de produits plus restreint en magasin, mais en aucun cas une cuisine plus pauvre, moins savoureuse. Il n’y a qu’à regarder les recettes que propose Marie Laforêt ou encore de s’intéresser aux gastronomies orientale ou asiatique, qui proposent des plats “vegan” de base. Le végétal ne se limite pas à une salade et des carottes râpées à midi et quelques fruits secs au goûter. Même si cela est très bon, d’ailleurs.

De son côté, Sarah insiste également sur la découverte culinaire et nous parle de faux-mage : déjà je la félicite d’avoir fait ça toute seule ! Je connais quelques vegans qui s’opposent aux faux-mages et simili-carnés, sous prétexte qu’ils ne veulent pas manger quelque chose qui ressemble à un produit d’origine animale. Je peux le concevoir, mais moi j’aime bien pouvoir manger comme avant, mais sans cruauté. J’aime aussi inviter mes amis (dont des omnivores) et leur montrer que je peux manger comme eux, des burgers, faire un barbecue l’été, faire un hachi-parmentier…

Sarah évoque cette question qu’on pose souvent aux vegans : “tu manges assez ?” ou le “Moi, sans viande, j’ai l’impression de ne pas avoir mangé”. Je pense que tout ça, c’est culturel. On nous a habitués à avoir des produits laitiers et de la viande à tous les repas. Depuis que je suis vegan, j’ai régulièrement fait des prises de sang pour voir justement si tout allait bien, et je n’ai pas de carences, alors que quand j’étais omnivore, c’était loin d’être le cas. Je pouvais manger de tout mais je mangeais surtout n’importe quoi. Désormais, j’ai pris conscience de ce qu’étaient vraiment les apports alimentaires et sans me proclamer experte, je fais beaucoup plus attention.

J’aime beaucoup la démarche de Sarah, je m’y retrouve un peu. Quand j’ai commencé à être végétarienne, je pensais aussi que le végansime était quelque chose d’extrême. Puis en me documentant je me suis rendu compte que si je voulais être réellement honnête et sincère avec ma démarche, ce n’était pas extrême mais nécessaire.

Justement, quand elle parle des produits laitiers, je pensais naïvement que ça ne faisait pas de mal, que la petite vache vivait tranquille dans son pré. C’est l’image que les lobbies nous vendent ! En cherchant un peu on se rend bien compte que ce n’est pas possible. Même chose avec les oeufs, quand on sait comment finissent les poules et les poussins, on ne peut plus, si on se dit intéressé par la cause animale, continuer à en consommer.

Je ne vais pas renier mon époque végétarienne, mais je me rends compte au final, si ça a été une étape nécessaire pour moi, que finalement, c’est un peu faire les choses à moitié : les produits laitiers, le miel et les oeufs n’étant pas des produits obtenus de manière non cruelle.

Sarah soulève aussi le fait d’être actif sur les réseaux sociaux : je pense que c’est une bonne manière de montrer aux gens qu’une autre alimentation est possible. Les nombreux blogs vegans qui voient le jour en sont la preuve. Dernièrement, une amie m’a fait découvrir la youtubeuse Georgia Secrets. Elle fait des vidéos beauté principalement, mais elle parle parfois de son veganisme et nous montre des recettes qu’elle fait. Je trouve ça absolument génial qu’une fille comme elle, qui a un public large, mette en avant une autre manière de consommer, notamment les produits cosmétiques. On l’oublie souvent, mais le vegansime ne se limite pas à l’alimentaire.

Je pense que les réseaux sociaux et youtube sont de bons vecteurs d’informations, et ça permet vraiment de montrer que les vegans sont des gens normaux, pas forcément des hippies déconnectés du monde moderne. C’est ça aussi qui fait peur à pas mal de gens aussi : la peur du changement, de ne pas pouvoir “vivre comme avant” alors qu’en fait, c’est tout à fait possible.

Personnellement, j’aime bien inviter mes amis, mon conjoint prépare de bons petits plats vegans, etc. Nous leur faisons découvrir des choses, mais surtout ce que je préfère c’est bien leur montrer que je mange comme eux : pizza, kebab maison, du gras, tout ce que les gens aiment ! Ce que j’aime moins, c’est l’approche un peu extrême de certaines personnes, qui vont inonder leurs contacts de photos chocs. Je ne suis pas sûre que ce soit efficace. Je connais pas mal de gens qui les regardent, se disent choqués, et vont au McDo derrière. Je suis plus pour le dialogue, le partage, la découverte, et comme le dit Sarah, aider les gens à se faire leur propre idée. En gardant en tête néanmoins que les gens sont libres de leurs propres choix, c’est pourquoi je pense que répondre par des images violentes est une façon stérile de lancer le débat : les gens se braquent plus facilement et on ne fait pas de pub à l’alimentation vegan en étant dans la haine.


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Mlle L

Grande curieuse, amoureuse en cuisine, baroudeuse à petit budget. Créatrice de VeggieRomandie.ch - Organise des sessions de dessin Draw&Drink

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