Chroniques Galères de vegan

Galères de vegan: Merde, mes fringues !

Illustration: Thaïs Reichler

Quand on est vegan, on peut se retrouver dans des situations, disons, fort délicates. N’ayez crainte! La Médisante est là pour vous guider avec humour dans sa chronique « Galères de vegan ».


Même si on ne dirait pas (et mes leggings mités et mes baskets puantes contestent, mais je m’en balance), votre humble serviteuse (ça se dit pas, mais y a pas de féminin pour serviteur, donc merde.) ci-présente est une admiratrice incontestable du style.

Autant je n’écoute jamais la fashion police présente à tous les coins de rues (journaux féminins, affiches de célèbres magasins de prêt-à-porter, publicités, …), autant j’aime les créateurs, surtout ceux qui font attention aux matières qu’ils utilisent et qui, du coup, transmettent (discrètement mais quand même) un message positif concernant notre environnement.

Stella McCartney, Vivienne Westwood, je vous love au delà de tout. Mais, avec un magnifique salaire d’indépendante, il m’est IMPOSSIBLE de me payer leurs créations (sauf si je ne mange pas, ne paye pas mes factures et reste cloîtrée dans une grotte sans électricité pendant 10 ans).

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Westwood. Tu es ma mère spirituelle, mariée à Alice Cooper. Oui, on peut rêver.

En devenant vegan, j’ai grandement revu ma consommation d’habits à la baisse. Pourquoi? Parce que ça me semblait insensé de me positionner du côté de la cause animale et de ne pas faire attention à la cause humaine aussi. On ne peut pas être partout à la fois, mais depuis que j’ai vu des reportages sur les Sweatshops (usines textiles qui exploitent enfants comme adultes, plus de 20h par jours pour des payes misérables voir inexistantes), je ne peux plus mettre les pieds dans une boutique de prêt-à-porter sans avoir la gorge serrée et des remords si j’y achète quelque chose.

Évidemment, je n’ai pas réussi à arrêter d’y aller à 100% (par besoin immédiat, par flemme, … oui, je suis de loin pas parfaite, mais je fais de mon mieux).

Mais depuis 2 ans, j’essaie vraiment d’enrayer mon besoin constant de consommer aveuglément et impulsivement, que ce soit nourriture, habits, chaussures, et, en gros, tout ce que la société veut qu’on consomme quotidiennement, sans même y réfléchir.
Merci la pub et l’omniprésence du regard des autres, ou du moins on nous le fait croire, qui nous force à en arriver à un besoin de perfection (perfection que nous dicte les mentionnés ci-dessus).

Dilemme: j’aime pouvoir m’exprimer, et les habits, le maquillage et les accessoires m’aident à faire ressortir mon côté artistique. Donc, sans tomber dans la spirale infernale consommatrice qui me colle au cul comme un maudit morceau de PQ coincé dans ma culotte (et, fut un temps, s’en était presque une pathologie, sans même exagérer… le shopping hein, pas le PQ collé au cul), j’ai dû trouver un moyen de pouvoir me faire plaisir tout en respectant la terre, les animaux, les humains ainsi que mes valeurs.

Au fur et à mesure, j’ai pris le temps de fouiller sur Internet, lire des articles concernant le fair trade, le commerce équitable, les matériaux éthique, cruelty-free, eco-friendly et surtout, la signification exacte de ces termes, souvent utilisés à outrance et, au final, qui se retrouvent dénués de sens ou utilisé de façon mensongère ou inadaptée. Et c’est fou les horreurs qu’on peut lire…

Certes, personne n’est parfait et on ne peut pas combattre sur tous les fronts. Mais quand j’ai lu des articles et vu des documentaires concernant l’impact qu’a notre consommation sur la Terre et tout êtres qui se trouvent à proximité des cultures de coton non-bio, des usines utilisant des colorants industriels, des usines de textiles (et on ne parle même pas des lieux et usines où des produits animaux sont utilisés pour la fabrication de vêtements), j’ai dû ouvrir les yeux et dire stop.

Impossible pour moi de continuer dans cette voie, ça n’avait aucun sens. Je lutte pour une terre meilleure, avec de la compassion entre les êtres qui y vivent. Et c’était impossible de me dire que mon véganisme était suffisant.

Donc, à la place de ne plus porter de cuir, de soie, de laine et de tout produit venant d’animaux, j’ai “simplement” (lol) décidé de ne plus porter de vêtement qui étaient fabriqués de manière non éthique.

Je ne peux que vous encourager vous aussi de faire ce geste, parce qu’il est d’une part, à mon avis, indissociable de la décision d’être vegan, et également pour la planète. A la fin de cet article je citerai des documentaires et des lectures sur le sujet (et quand on sait que la production d’un t-shirt demande 2600 litres d’eau… ça calme).

« Ouais, t’es bien sympas la médisante, mais du coup, on fait comment pour s’habiller ? Parce qu’à part de râler, t’as pas tant donné de solutions… »

Ok, ok, petit/e/s impatient/e/s.

* Tututudu * (Voix off) Il est l’heure des conseils de mamy Médisante * Tututudu *

Salut mes petits pets !
Alors, où chercher et trouver des habits vegans, eco-friendly, bio, sweatshop free ou fairtrade ou, carrément, le tout, et arrêter d’être un bâtard avec notre petite boule de terre qu’est notre maison?

Eh bien, mes chers flageolets d’amour, j’ai moi-même, dans ma prime jeunesse (aujourd’hui bien entamée), effectué moultes recherches pour être une alpha-femelle parfaite !

Cut the Bullshit, et revenons-en à nos betteraves.

Vous direz surement « ouaaaais mais boooon, j’ai pas le temps, j’ai pas l’argent, j’peux pas, blablablaaaaaaaa ». Eh ben, vous vous rappelez d’un truc ?

Genre quand vous étiez pas vegans et que vous disiez que jamais vous pourriez vous passer de fromage ou arrêter de manger le rôti dominical de la grand-maman au souper de famille ?

Ouais, c’est exactement pareil que ça. Malgré tous vos doutes et questions, vous vous y êtes quand même mis, et vous y êtes arrivés. Donc il n’y a aucune raison que ça ne soit pas pareil avec les habits.

Et peut-être que de temps en temps vous céderez, et peut-être que vous retournerez à Zara pour acheter une veste. Le but n’est pas d’être parfait en tout point, mais au moins à réfléchir et à remettre en question notre fonctionnement. Quitte à ce que ça prenne du temps.

Mais histoire de bien se mettre en jambes, voici quelques sites qui m’ont bien aidés lors de mes recherches.

  • Etsy : ce site, pas très connu en Europe, est une plate-forme où toute personne peut mettre en vente ses produits handmade. Du livre à la housse de duvet, en passant par des lithographies, Etsy sécurise les transactions et est bien pratique pour soutenir l’artisanat (même si tout ce qui s’y trouve n’en est pas forcément). Ça doit faire plusieurs années que je farfouille sur ce site à la moindre de mes lubies stylistiques, et, oh gloire, j’y ai aussi trouvé mon bonheur dans ma volonté de ne pas soutenir les grands noms du prêt-à-porter et leurs sweatshops (car oui, pour moi, tout à commencé avec les sweatshops).Le grand avantage d’Etsy, c’est (mis à part le nombre de vendeurs, qui peut aussi être un désavantage) le contact rapide avec les vendeurs. Jamais un mail n’a pris plus de 3 jours à être répondu (pour ma part), et je n’ai pas (encore) eu de mauvaises expériences. Il suffit donc de taper dans la barre de recherche ce que vous souhaitez (pull, chemise, chaussettes pour raton-laveurs) avec un des mots clés « sweatshop free », « eco », « vegan » und so weiter et il ne vous reste plus qu’à fouiner dans les articles proposés. Et si vous avez le moindre doute quand à un article qui vous plaît, un petit mail au vendeur et le problème est réglé.Mes boutiques coups de cœurs (en rapport avec mon style, c’est sûrement pas au goût de tous mais c’est pas pour rien que j’utilise de hashtag #vegangoth sur mon Instagram) sont :
    • Raintower – MEGA crush sur cette créatrice qui recycle des habits de récup, les teints elle-même. Chaque pièce est faite main, cousue soit par la créatrice, soit par son associée. Le contact que j’ai eu avec la créatrice était chaleureux, amical et honnête. Et j’adore TOUTES leurs créations (ne pas tout acheter, ne pas tout acheter, ne pas tout acheteeeeeeeeeeeer).

      Crédit photo: Raintower
      Crédit photo: Raintower
    • Cocoonobags – j’ai un problème avec les sacs. Vraiment. Même si, 99% du temps j’utilise des totebags de groupes de musique, j’adore pouvoir, juste grâce à un accessoire, changer totalement de personnage (coucou, je suis un caméléon social). Et c’est pourquoi j’ai adoré les sacs de chez Cocoonobags. Vous y trouverez autant des gros fourre-tout, des sacs élégants mais pratiques, mais aussi de magnifiques pochettes pour vos soirées les plus classes (le genre de sac que je ne posséderai jamais quoi).Tous leurs matériaux sont vegan et leur coton est bio. Et franchement, si leurs photos ne vous donnent pas envie, je sais pas ce qu’il vous faut !

      Crédit photo: Cocoonobags
      Crédit photo: Cocoonobags

Mais vu qu’il n’y a pas qu’Etsy dans la vie, il y a aussi :

  • AlyenWear: découvert au hasard des internets, ce créateur met en scène la pureté de la mode scandinave avec des coupes et des matières originales. Petite frayeur de ma part quand le magnifique kimono que je souhaitais étais labellisé sous « silk » (soie), mais un mail au proprio de la boîte et il m’a validé que c’était bien de la « soie » non animale (ce que je valide maintenant que j’ai reçu ce magnifique kimono). C’est chez eux que j’ai fait ma première commande d’habits « consciencieux ».Et qu’est ce que j’ai pu trépigner d’impatience en attendant ma commande. En moins de deux semaines, mes précieux étaient dans ma boîte aux lettres, envoyés dans un emballage minimaliste pour lutter contre les déchets (comme mentionné sur le site du créateur).
    En gros : des coupes peu banales, une conscience écologique et un contact adorable. Pour moi, c’est déjà un bon score ! Leur collection vient de changer pour la nouvelle saison donc faites vous plaisir et aller jeter un œil sur leur site !

    Crédit photo: Alyenwear
    Crédit photo: Alyenwear
  • Parce que la mode ne se compose pas que de fringues, j’ai aussi totalement craqué sur les montres Votch. Des montres sobres mais qui sont disponibles en diverses couleurs et 100% vegan (parce que, grande gourdasse que je suis, je me suis encore faite avoir il n’y a pas si longtemps par une montre Swatch que je pensais en toute logique vegan. Ben oui, un bracelet turquoise-violet genre sirène ça ne peut qu’être en plastique, juste ? Eh ben non. Fichtre… ).

En gros, le net regorge d’un million de possibilité, mais il faut un peu chercher, je vous le concède, chères galériennes et cher galériens. Évidemment, cet article comprend plus d’alternatives féminines que masculines parce que, malgré tout les trainings et gros hoodies qui composent ma garde-robe, j’aime bien « m’habiller en fille »… (ce qui concrètement ne veut rien dire, parce que si un mec veut porter une jupe et une fille un complet 3 pièces, ils ont bien le droit de le faire, j’encourage, même !)

Habillez-vous comme vous voulez, pas comme on veut que vous vous habilliez. Et quand bien même, certaines marques citées ci-dessus comportent des habits qui se prêtent très bien à l’habillement « unisex », comme la marque Alyen.

Une amie m’a fait remarquer : « oui mais, même si tu demandes au fabriquant, comment être sûre qu’il/elle dit la vérité, pour vendre ? »

Eh bien malheureusement, pas moyen de le savoir. C’est un peu triste de devoir se méfier de tout mais en fin de compte, en tant que vegan, on s’y fait. Mais de temps en temps garder espoir et faire confiance, c’est pas plus mal.

Vous avez des questions, remarques ou autres bonnes adresses ?
Laissez un commentaire !

Amour, gloire et Satan.

Bien à vous,
La Médisante


Liens info-pratiques :

Liens divers :

Les documentaires à voir :

Sweatshop – Deadly Fashion
Ce documentaire norvégien plonge quatre jeunes blogueuses de mode dans le milieu des sweatshops au Cambodge (premier visité : un de H&M….). C’est le premier film à ce sujet que j’ai vu car je me sentais passablement proche de ces jeunes. Eh ben une belle claque…
Vous trouverez les épisodes (norvégiens sous-titrés anglais) ici
The True Cost
Plus « hollywoodien », mais tout autant gerbant… je crois que je n’ai pas plus de mots que ça… Disponible sur Netflix et le internet sauvage.
Earthlings
J’en reviens toujours à ce documentaire, mais je le trouve tellement complet, et je trouve que la partie sur l’industrie vestimentaire est très claire et concise. Clique juuuuuuste  ici pour la version vostfr (et prépare ton paquet de mouchoirs…).


 

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