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[Illustration] Plongez dans le monde fantastique des animaux aquatiques avec Fanny Vaucher et Sébastien Moro

Les poissons, c’est des animaux dont le commun des mortels ne connaît pas grand-chose. Pourtant, ces êtres aquatiques brillent par leur intelligence, leur créativité et ont de nombreuses interactions sociales. Un blog illustré nous plonge avec humour dans leur monde sous-marin.

Rencontre avec Fanny Vaucher, illustratrice du projet Les Paupières des Poissons, en collaboration avec Sébastien Moro, président de l’association Chimère, dont l’un des principaux objectifs est d’informer sur les conditions de vie des animaux.


Hello Fanny, on a pu t’interviewer à la sortie de «Les Amis de l’Ours», quoi de neuf depuis ?

Bonjour! Le temps a filé et j’ai beaucoup dessiné, mais je n’ai pas pu reprendre de projets jeunesse, ni animaux, donc je suis super heureuse de pouvoir présenter Les Paupières des Poissons, qui est pour tous les âges et qui plonge dans l’univers des animaux les moins connus: les poissons et autres animaux aquatiques.

Peux-tu nous parler de ton projet «Les paupières des poissons»? Comment l’idée t’es venue ?

Depuis un an, je travaille avec l’association PEA sur une campagne qui est consacrée aux poissons, Qui sont les poissons?, et dans le cadre de laquelle on a créé la Journée mondiale pour la fin de la pêche.

C’est en me penchant sur les animaux aquatiques (on a créé notamment une exposition mobile) que j’ai découvert l’ampleur de leur misère. Rien que de savoir qu’en nombre d’individus, ils représentent plus de 95% des victimes animales de l’exploitation humaine, alors qu’on y consacre très peu de temps de nos actions militantes, c’est effarant.

Ils ne sont même pas comptés en nombre de victimes mais en… tonnes, et il n’y a absolument aucune loi sur les conditions de leur mise à mort, tout est permis, alors que ce sont des animaux, comme les lapins, les poules, tout aussi sensibles, avec des vies sociales tout aussi complexes.

Les poissons rouges sauvages, ça existe ? Réponse sur LEs PAUPIÈRES de poissons!

Quand j’ai découvert ça, je me suis dit que mon prochain projet personnel DEVAIT être consacré à leur cause. J’ai repris le format que j’avais utilisé pour mes Pilules polonaises, c’est-à-dire de poser des questions (un peu loufoques, ou pas, graves ou légères) parce que la démarche est la même: découvrir et comprendre, faire connaissance, pour développer de l’empathie, pour aimer quelque chose qui nous était étranger au départ.

Et bien sûr, au final, en arriver, en tant que société, à la fin de l’exploitation et du massacre des poissons. Parce que je suis convaincue qu’on ne peut pas continuer à massacrer ainsi consciemment des êtres sensibles si on connaît un minimum leur vie…

Alors j’ai proposé à Sébastien, que je côtoyais dans ce cadre militant et qui connaît une masse de choses fascinantes sur les animaux.

J’ai flippé à mort qu’il refuse, mais non. Je lui ai dit qu’on allait gagner un max de blé et qu’on pourrait s’acheter chacun-e une île, ça l’a convaincu.

Sébastien Moro illustré par Fanny Vaucher

justement, Comment se passe ta collaboration avec Sébastien ? 

On se retrouve tous les mois, chaque fois dans un milieu aquatique différent, et on fait de l’immersion parmi les poissons. On prend des notes, on filme, on enregistre, on essaie de communiquer avec eux, c’est titanesque mais assez agréable.

Haha mais non, en gros, je lui envoie mes questions et il y répond! Il fouille parmi les publications scientifiques, pour les vulgariser et transmettre au grand public les connaissances actuelles en éthologie. J’adore son humour, j’ai quasi rien besoin d’adapter pour transformer ça en images.

Des fois j’ajoute du texte de mon cru. Des fois il s’emballe et écrit trop, alors je coupe sans sourciller dans ses blagues les plus obscures. Il ne s’est pas encore plaint de la façon dont je maltraite sa prose (et la rends illisible à coup d’écriture manuscrite trop petite), jusqu’ici tout va bien.

Extrait de « Où est-ce que les poissons font caca? »

Des pistes pour une publication papier pour «LES PAUPIÈRES DES POISSONS» ?

Oui, j’imagine au final une publication papier: pour moi le passage par le blog et le web est quelque chose de temporaire, une façon d’entrer en contact avec le public, de prendre la température et de partager un travail en cours, de me stimuler à continuer, mais je trouve que la lecture est plus agréable sur papier, qu’il y a un rapport de lecture plus intime, plus fort.

Et puis, pour lire au bord de l’eau, RIEN ne remplace le papier, hein. Donc si on avance bien, l’an prochain on aura de quoi penser plus concrètement à ça…

Le poisson nommé Amour.

Quel est le fait le plus marquant que tu aies appris sur les poissons?

Je pensais que j’allais être surtout touchée par ce qui est lié à leur sentience, c’est-à-dire leur capacité d’éprouver les choses subjectivement, cette faculté de sentir et de penser, qui est quelque chose qu’on associe peu aux poissons, qu’on considère parfois comme incapables de tout ça (vu qu’on ne les entend pas, qu’on ne lit pas d’expressions faciales, etc.).

Mais j’ai pour l’instant surtout été époustouflée par leur intelligence et leurs capacités. J’adore l’exemple des gobies, qui mémorisent la topographie des lieux où ils sont à marée haute, et ensuite déduisent leur position dans les flaques à marée basses, et peuvent sauter d’une flaque à l’autre avec une grande précision, par exemple pour éviter des prédateurs oiseaux. Les gobies arrivent à mémoriser ça en une seule session de marée haute! C’est fou, moi-même je me perds encore dans les rues de mon quartier, parfois.

C’est infini, tout ce qu’on a encore à apprendre et à découvrir sur les poissons.

Les Paupières des Poissons


Pour aller plus loin dans l’univers des animaux aquatiques

 

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