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Jérémy, coach sportif et athlète végane: “Je suis fier de démontrer que c’est possible”

Le sport et la nutrition végétale sont encore emplis de questionnements et de clichés, nous manquons également parfois d’informations en français et nous ne savons pas vers qui nous tourner.

Mais certains brisent les clichés, et c’est le cas de Jérémy Pigeon, coach sportif, qui a créé un programme spécialement conçu pour évoluer en étant sportif et végane. Interview.

Salut Jérémy, pour commencer, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Jérémy PIGEON – un signe que j’allais devenir végane peut-être 😉. Je suis coach sportif, spécialisé dans la remise en forme depuis maintenant plus de 2 ans.

J’ai toujours été sportif, et je me suis progressivement tourné vers la musculation jusqu’à passer un diplôme spécifique en 2016, pour être coach sportif dans ce sport. En parallèle, j’ai décroché un diplôme de coach en CrossFit, ce qui me permet d’avoir une vision plus globale de la musculation.

Depuis, je me suis spécialisé dans le coaching à distance (perte de poids, prise de masse musculaire) au travers de mon site treeninglife.fr pour les personnes végétariennes / véganes.

Quel a été ton cheminement vers le véganisme ?

A la base, ma copine est devenue végétarienne, et je me suis mis à lire des livres qui traitaient de la condition d’élevage et d’abattage des animaux (Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer a été le premier que j’ai lu). J’ai commencé à me poser des questions, et ça dépassait complètement le cadre sportif.

Je me suis penché sur des raisonnements philosophiques, éthiques et écologiques, sur le sens de la vie, sur énormément de choses qui ont bouleversé ma vision du monde, sur l’importance de mes actions et de mon mode de pensée.

J’ai progressivement réduit la viande rouge jusqu’à la supprimer, puis la viande blanche et enfin le poisson. À ce stade, j’étais végétarien. J’étais un peu rassuré de continuer à manger des œufs et du fromage car j’avais toujours quelques a priori sur la compatibilité sport et nutrition vegan.

Mais au bout de 6 mois de végétarisme, je suis tombé sur une vidéo de L214 qui m’a fait un électrochoc (une caméra cachée dans un abattoir où l’on y voyait des vaches gestantes, vidées de leurs petits). Cinq minutes après avoir visionné cette vidéo, je me suis dit que je ne pouvais plus continuer d’être végétarien, que ça entraînait encore de la souffrance et je suis passé au végétalisme.

Et j’ai remarqué que c’est seulement à partir de ce moment-là que j’ai commencé à sérieusement me renseigner sur l’association sport et végétalisme. C’est quand je suis réellement sorti de ma zone de confort et que j’ai décidé d’écouter ce que j’avais au fond de moi. Et je me suis rendu compte au bout de quelques mois que je continuais à progresser, sans aucun problème ! J’ai compris qu’il s’agissait simplement de comprendre quels sont les aliments d’origine végétale qui sont les plus nutritifs et de trouver une nouvelle organisation dans la préparation de mes repas.

Comment est perçue l’alimentation végétale dans le milieu sportif ?

Il y a encore beaucoup de préjugés, bien évidemment, surtout dans le domaine de la musculation. J’ai remarqué que plus on a besoin de développer la masse musculaire, plus ça fait partie des objectifs ou des conditions pour progresser dans le sport que l’on pratique, et plus grande sera la difficulté à croire que l’on peut se passer de protéines animales.

De manière générale, les sportifs d’endurance passent plus facilement au végétalisme que les sportifs de force. Par exemple, il y a beaucoup plus de végétalien.nes qui pratiquent la course à pied ou le vélo en longue distance que de végétalien.nes qui pratiquent la musculation.

Mais ça bouge vraiment très vite. Nous avons un peu de retard en France (en Suisse j’ai eu le pressentiment que le public était plus intéressé, mais c’est en faisant juste une conférence, ce n’est pas assez représentatif) mais les choses bougent vraiment très vite. Les supermarchés proposent de plus en plus d’alternatives, il y a une prise de conscience collective qui s’installe et les réseaux sociaux nous permettent de partager les physiques et les performances des sportifs végétalien(nes) du monde entier. Ça progresse !

Tu as une chaîne youtube ou tu parles de sport et de nutrition végétale, qu’est-ce que tu souhaites transmettre à travers ton contenu ?

Personnellement, j’essaie de me concentrer sur deux objectifs sur ma chaîne Youtube TreeningLife : donner des exemples (de repas vegan, d’entraînements) et motiver. Ça peut être des idées de petits déjeuners sportifs vegan, des repas sur une journée ou des explications d’exercices permettant de prendre de la masse musculaire.

Le but étant d’avoir un lifestyle sportif et éthique, tout en partageant parfois quelques vidéos sur la spiritualité, sur les manières de se construire un mental gagnant (qui est également pour moi déterminant) !

Mais j’essaie vraiment de m’écarter au maximum des jugements de valeurs et de ne pas tomber dans la facilité. Je ne suis pas là pour critiquer les choix de chacun et chacune. Je pense que nous avons tous et toutes une histoire et une perception différente du monde dans lequel nous vivons, et par conséquent nous ne pouvons pas avancer à la même vitesse.

Tu as créé ton propre programme de nutrition et de sport végane, peux-tu nous raconter pourquoi et comment tu as réalisé ce programme ?

Oui bien sûr ! En fait, le programme « Vegan & Musclé » découle tout simplement des solutions que j’ai trouvées par rapport à mes propres interrogations. En devenant végane et en pratiquant la musculation, je ne voulais pas perdre ma masse musculaire, je voulais continuer à en gagner.

Au début, je ne savais pas vraiment comment organiser mon assiette sportive végane et il n’y avait pas beaucoup d’informations pertinentes accessibles en français.

Je me suis donc mis à me renseigner au niveau international sur les stratégies mises en place par les pratiquants de musculation vegan. Petit à petit, j’ai regroupé tout ce qui était pertinent et efficace et j’ai trouvé des stratégies pour continuer à gagner en masse musculaire, avec une alimentation 100% végane et de qualité maximale.

Je me suis dit que je ne pouvais pas garder ça pour moi, car beaucoup de personnes cherchent également à gagner du muscle avec une nutrition végétale. J’ai donc créé un programme nutritionnel sur 12 semaines qui se base sur cette méthode, tout en incorporant un programme d’entraînement en salle de musculation, afin de savoir exactement quoi faire au niveau des repas et de l’entraînement.

Peux-tu nous en dire plus sur ton programme ?

Le programme « Vegan & Musclé » s’adresse véritablement à tout le monde. Et ça n’a pas été facile car je ne voulais pas simplement me contenter de donner des exemples d’assiettes vegan et d’entraînements. Je voulais par-dessus tout une vraie personnalisation, un programme nutritionnel et sportif qui est adapté à chacun et chacune.

Pourquoi ? Car nous avons tous et toutes des besoins caloriques différents et une force différente. Par conséquent, lorsque l’on se contente de suivre un programme avec des quantités d’aliments et des charges (sur les barres et les haltères) qui sont identiques, on progresse beaucoup moins !

Au niveau du fonctionnement, c’est simple : il n’y a qu’à reproduire les exemples de repas et les entraînements qui évoluent chaque semaine. J’ai aussi incorporé en début de semaine une liste de courses à réaliser au supermarché, basée sur les aliments utilisés pour la semaine en cours. Ça permet de rester focaliser sur ses objectifs et d’être sûr d’acheter les bonnes quantités d’aliments !

Ce programme est donc beaucoup plus complet et efficace que ce qu’on peut trouver ailleurs. La personnalisation est une arme extrêmement puissante car cela nous permet de progresser deux fois plus vite que les autres, et d’acquérir des automatismes qui nous permettront de progresser sur le long terme. Je fais toujours en sorte de proposer des programmes qui permettent d’acquérir une certaine autonomie, pour améliorer son quotidien au-delà des 12 semaines du programme.

Je le propose à 97€ et comme sur l’ensemble de mes programmes, je mets toujours en place une garantie « résultats ou remboursé ». Je ne suis pas là pour dire que ça va forcément fonctionner pour tout le monde, je reste lucide. Mais je sais que chacun et chacune à la capacité d’essayer.

Mon but avec ce programme est aussi de dépasser le cadre du progrès personnel. Bien évidemment on va prendre du muscle, bien évidemment cela va nous permettre d’être en meilleur forme, de gagner en confiance en nous et d’améliorer notre style de vie. Mais au-delà de ça, il y a également une répercussion énorme sur notre entourage, sur nos amis, sur les personnes qui nous suivent sur Facebook ou Instagram, sur le monde entier.

Ce message est clair et puissant : « Hey, regardez ce qu’on peut faire avec une nutrition vegan. Regardez ce qu’on peut obtenir comme physique sans consommer de viande ni de poisson. Arrêtez d’écouter les autres, arrêtez de croire les personnes qui se contentent de juger sans avoir essayé. Voilà où j’en suis aujourd’hui, après avoir essayé et en ayant mis de côté tous ces clichés, et je suis fier de démontrer que c’est possible ! »

Les personnes impactées par ce message vont potentiellement réduire leur consommation de protéines animales, et ça c’est juste génial. En clair on s’aide donc soi-même (en prenant du muscle) mais on aide également les autres… C’est-à-dire les humains mais aussi les animaux.

Tu animes également des conférences, pourra-t-on te retrouver prochainement en Suisse ?

Exact, j’ai pu animer une conférence l’année dernière au Festival Vegan de Genève et j’espère que cet événement se reproduira cette année. Je n’ai aucune date de prévue pour une nouvelle conférence en Suisse, mais je suis toujours partant pour en réaliser !

La Suisse est un beau pays, j’ai ressenti énormément d’ondes positives quand j’ai pu faire ma conférence. Trente minutes après l’avoir terminé, je n’avais pas encore fini de ranger mon matériel car on me posait encore des questions, c’était fantastique 😊 !

Conférence au festival urban vegan à Genève – 2018

J’aimerais vraiment continuer d’y développer mon message, pour permettre d’apporter ma pierre à l’édifice, permettre de briser les clichés et donner des conseils pour bien démarrer l’association sport et nutrition vegan.

Et pourquoi pas, réaliser des séminaires / week-end combinant renforcement musculaire en milieu naturel et alimentation vegan en Suisse ! Je suis partant pour plein de projets, il faut faire bouger les choses alors si quelqu’un (un.e coach, un.e nutritionniste, un.e restaurateur végétalien ou n’importe qui d’autre) à une idée, je serais ravi qu’il m’en fasse part 😊 !

Quels conseils pourrais-tu donner à ceux qui souhaitent débuter le sport avec une alimentation végétale ?

Le premier conseil que je puisse donner est de penser à prendre de la vitamine B12 sous forme de compléments alimentaires. Il n’est pas possible d’avoir un apport en vitamine B12 uniquement via l’alimentation végétale, et la complémentation n’est donc pas une option. Les conséquences peuvent être graves et irréversibles au niveau du système nerveux, il ne faut pas le prendre à la légère !

Ensuite, le deuxième et dernier conseil que je puisse donner est véritablement de s’écouter, de prendre du plaisir de ne pas forcément chercher tout de suite à avoir une alimentation de qualité maximale.

Les similis carnés sont une bonne manière d’entrer dans le végétalisme (steaks végétaux, nuggets vegan…) même si la valeur nutritionnelle n’est pas exceptionnelle. Par la suite, on a tôt ou tard l’envie d’améliorer la qualité de ses assiettes et là, il existe des aliments à incorporer qui sont extrêmement intéressants (comme par exemple les graines germées, les algues, le tempeh, etc…) !

Merci pour tes réponses, on se réjouit d’ores et déjà de suivre tes nombreux conseils et de découvrir ton programme.

Retrouve les nombreux conseils de Jérémy sur son site et comptes Instagram FacebookYoutube.

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A propos de l'auteur-e

Keziah Perez
"La sensibilité n'est pas une fragilité, c'est l'incapacité de rester superficielle, c'est aller toujours au fond des choses, des émotions, des personnes. C'est remettre en question ce qui nous entoure et partager le meilleur autour de nous."