Cause animale Suisse

Un nouvel ouvrage romand fait le point sur l’industrie laitière suisse

Pour la première fois en Suisse, des images inédites tournées au cœur de la filière laitière ont été mises en lumière cet automne. Une enquête sous forme d’ouvrage et menée par l’activiste Virginia Markus accompagne ces vidéos.

Virgina Markus est une personne déterminée. Durant une année d’investigation et sans aucune expérience dans le domaine, elle est partie sur le terrain, à la rencontre des divers acteurs de la production de lait en Suisse.

Publié sous le nom «L’industrie laitière, plaie ouverte à suturer ?»,  le résultat de son travail est sorti aujourd’hui en librairie. De l’élevage à l’assiette, elle y fait le constat d’une filière dysfonctionnelle, source de nombreuses souffrances, animales et humaines.

Car pour la première fois dans notre pays, ce livre aborde les aspects éthiques d’une industrie profondément enracinée dans notre tradition. Et déjà, les médias s’intéressent à cette démarche nouvelle; en quelques semaines, Virginia a été présente sur le plateau d’Infrarouge, sur celui de 26 Minutes, et dernièrement, Le Temps dressait son portrait.

Rencontrée lors du vernissage de son livre samedi dernier, Virginia nous explique pourquoi elle a fait le choix de se pencher sur cette industrie.

« Il faut savoir que 20% de l’agriculture suisse sont dédiés à la production laitière, c’est un emblème culturel, et de plus, j’ai été une grande consommatrice de fromage. C’est comme si je me sentais un peu redevable vis-à-vis des vaches, des veaux, des chèvres, des cabris. Symboliquement, je leur rends des comptes. » confie-t-elle. « Mais surtout, il y a trois ans, j’ai rencontré un veau. Cette rencontre m’a touchée profondément et m’a permis d’entreprendre cette démarche. »

Crédit: Virginia Markus

C’est donc naturellement que tout au long de son enquête, ce qui la marque le plus, ce sont les animaux.

Avant leur mise à mort, aux côtés des cabris, mais aussi des cochons, et toutes les vaches… j’ai vraiment été très touchée. Et régulièrement, j’ai les cris des cabris qui résonnent encore en tête.

On sent immédiatement que ce sont ces moments-clés qui animent l’auteure et activiste. Que ses visites soient autorisées ou non, peu importe. Un abattoir a d’ailleurs déposé plainte. En attendant sa convocation au ministère publique, elle ne perd pas de temps, et compte contacter le vétérinaire cantonal pour connaître sa position sur l’abattoir en question.

Crédit: Virginia Markus

« Je veux en profiter pour insister sur le fait que j’ai en ma possession d’autres images pouvant confirmer des irrégularités supplémentaires. Idéalement, la discussion se poursuive sur cette question, sans stigmatiser un éleveur en particulier. Cela ne fait pas partie de ma démarche. Je ne veux tout simplement pas que le débat s’arrête à ma condamnation. »

Aujourd’hui, pour un grand nombre de personnes, il est encore question de débattre. Mais pour certain-e-s, le futur d’une industrie alimentaire sans exploitation animale, c’est déjà le présent. On peut par exemple citer ce couple bernois qui véganise sa ferme ou cet éleveur de cochon qui s’est redirigé vers l’agriculture, mais il en existe bien d’autres.

Virginia propose d’ailleurs tout un chapitre sur les possibilités de transition et alternatives à mettre en place aujourd’hui, notamment sous forme de ferme pédagogique. Les pensionnaires animaux pourraient vivre en toute tranquillité, sans exploitation aucune… comme on le fait aujourd’hui largement pour les animaux dits « domestiques ».

C’est sans aucune hésitation que nous suivons l’auteure dans ce doux rêve, qui ne tient qu’à nous et à notre engagement en faveur des animaux, pour se réaliser.

 

Photo: Diane Altea

Quelques mots sur l’auteure

Éducatrice sociale de formation, Virginia Markus est coordinatrice de mesures d’insertion socio-professionnelle depuis plusieurs années. En plus d’œuvrer pour l’avenir de jeunes en difficulté, elle milite depuis petite pour le respect des animaux en se positionnant fermement contre chaque signe d’injustice. Passionnée par la rédaction depuis toute petite, elle a été félicitée pour ses travaux d’études à plusieurs reprises grâce à des prix institutionnels.

« L’industrie laitière : une plaie ouverte à suturer ? » est son premier ouvrage public.
Son site officiel

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