Cause animale

La SMAV, c’est quoi?

Du 20 au 28 septembre aura lieu la Semaine Mondiale d’actions pour l’Abolition de la Viande, la SMAV pour les intimes. C’est quoi le principe ? Pia nous en dit plus.

La SMAV est mise en place trois fois par an afin d’ouvrir le débat sur l’exploitation animale; c’est l’occasion de mener des actions qui permettent de remettre en question nos pratiques et de réfléchir à la condition animale.

Sous forme de stands d’information, manifestations ou tractages massifs, les actions ont lieu dans le monde entier, dans le but d’attirer l’attention sur la réalité de la production de produits carnés, et de revendiquer l’abolition de l’abattage des animaux.

Si l’envie d’être actif pour la cause animale vous démange, voici donc une occasion en or! Le site officiel liste toutes les actions réalisées dans le monde durant ces semaines SMAV.

Parlons du spécisme

Pour comprendre cette demande d’abolition, il est nécessaire d’aborder la notion de spécisme.

Tandis qu’il est couramment reconnu qu’il est moralement injustifiable de faire du mal à un animal sans nécessité, il est pourtant largement accepté de tuer un animal pour le manger alors que cela n’est pas nécessaire. Notre rapport aux animaux non-humains est donc marqué par une contradiction entre la morale commune et les actions que nous nous permettons de réaliser.

Chaque année, au moins 60 milliards d’animaux sont tués [1] pour notre consommation; l’exploitation des animaux est si ancrée dans notre quotidien qu’il devient difficile de penser un monde sans celle-ci.

De tous temps, les mécanismes discriminatoires ont permis la naturalisation de pratiques injustifiables qu’il s’agit de questionner. Pour cela, le racisme, le sexisme et le spécisme se sont armés de milles discours tentant de dessiner l’altérité pour ensuite la dominer. L’autre faible, l’autre stupide, l’autre inférieur, tout est bon pour légitimer la discrimination. Ainsi l’animalité désigne une catégorie confortable, signifiant la subordination.

Large et floue, cette catégorie trace la limite au delà de laquelle le principe d’égalité ne fait plus foi. Les autres n’ont pas droit à une considération morale puisqu’ils sont différents. A Peter Singer, célèbre philosophe australien, de rappeler :

L’égalité est une idée morale et non l’affirmation d’un fait. Il n’y a aucune raison logiquement contraignante pour supposer qu’une différence de fait dans les aptitudes de deux personnes justifie une quelconque différence dans la quantité de considération à apporter à leurs besoins et à leurs intérêts[2].

Le spécisme tente précisément de faire croire que les différences de fait entre animaux humains et non-humains, justifie une différence de traitement. Les animaux non-humains se voient donc purement privés de tout et exploités à l’infini.

Alors pourquoi l’abolition ?

Parce qu’on se demande trop « qu’est-ce qui est naturel ? », et pas assez « qu’est-ce qui est juste ?». Et que ce qui nous semble naturel n’est que le produit d’une logique discriminatoire. Abolir la viande, c’est déconstruire le spécisme et élargir le principe d’égalité.

Envie d’y réfléchir plus longuement ? Découvrez le super site Les Cahiers antispécistes

 Actions à Lausanne

Un stand d’action sera tenu par l’association PEA à la place de la Palud à Lausanne le samedi 20 septembre 2014.


[1] http://www.planetoscope.com/elevage-viande/1172-nombre-d-animaux-tues-pour-fournir-de-la-viande-dans-le-monde.html

[2] SINGER Peter, « La libération animale », Ed. Payot et Rivages, 2012, p 71.

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Pia
Pia
Salutations animalistes 🙂