Lifestyle Mode

Le futur de la mode: faire pousser ses propres vêtements vegan-friendly

Plusieurs designers nous démontrent la possibilité de faire pousser des matières utilisables comme textiles. Et c’est apparemment aussi simple qu’une tasse de thé fermenté!

Bon ok on exagère, les produits dont on va vous parler ci-dessous ont été créés en laboratoire ou dans des salles bien équipées. Mais l’histoire du thé, c’est vraiment ça: des chaussures et des vêtements ont été élaborés avec de la kombucha, cette boisson à base de thé vert fermenté.

Le web anglophone vegan en parle en ce moment, mais en réalité cela fait plusieurs années que des designers s’amusent avec la kombucha.

En mars 2011, Suzanne Lee expliquait dans une vidéo TED les applications possibles de la culture de bactéries, notamment dans l’industrie textile.

Elle a fabriqué elle-même plusieurs vêtements de “cuir” de kombucha, et s’est amusée à les teindre avec des teintures végétales, ou à leur appliquer des motifs colorés en utilisant des fruits comme tampons.

Veste en fibre de kombucha créée par Susanne Lee.
Veste en fibre de kombucha créée par Susanne Lee.
VESTE EN FIBRE DE KOMBUCHA CRÉÉE PAR SUSANNE LEE.
VESTE EN FIBRE DE KOMBUCHA CRÉÉE PAR SUSANNE LEE.

Il faut environ 3 à 4 semaines pour créer une couche gélatineuse de quelques centimètres, couche qui sera ensuite déshydratée. A ce moment-là, on peut découper dedans, coudre et teindre.

Qu’en-est il actuellement?

En 2016, c’est l’équipe de Young-A Lee à l’Université d’Iowa (USA) qui présente son travail similaire avec les bactéries issues de la fermentation, sous forme de chaussures et vestes.

Elle met en évidence comme avantage décisif, la biodégradabilité de cette matière, par rapport à celles existantes.

Ce cuir de kombucha peut donc théoriquement être mis en terre pour finir en nutriment, plutôt que d’être jeter dans une poubelle et rester sur un tas d’ordures à se décomposer lentement.

«La mode, pour la plupart des gens, est une expression éphémère de la culture, de l’art et de la technologie. Les entreprises de mode poursuivent leur production de nouveaux matériaux et d’habillement, saison après saison, année après année, pour remplir le désir et les besoins des consommateurs », déclare Young-A Lee.

« Pensez à où tous ces produits vont finir une fois utilisés. Ils prennent des espaces énormes sur Terre, comme tous les autres déchets » souligne-t-elle encore.

Chaussures réalisées avec la fibre de kombucha - Iowa State University
CHAUSSURES RÉALISÉES AVEC LA FIBRE DE KOMBUCHA – IOWA STATE UNIVERSITY, CHRISTOPHER GANNON
Young-A Lee et son équipe ont créé une veste et des chaussures avec leur prototype de fibre cultrivée dans leur labo.- Photo: Christopher Gannon
Young-A Lee et son équipe ont créé une veste et des chaussures avec leur prototype de fibre cultivée dans leur labo.- Photo: Christopher Gannon

Une fibre qui en est encore à ses balbutiements 

L’impact environnemental et animal est donc bien moindre que l’industrie du cuir actuelle, terriblement dure pour les animaux humains ou non-humains participant à la filière (cruauté, maladies, conditions de travail très difficiles) ou pour l’environnement (pollution de l’eau et de la terre, extraction du pétrole pour les matières synthétiques).

On se réjouit donc que de nombreuses personnes se penchent sur des alternatives vegan et eco-friendly.

Mais il y a un hic dans le cas du cuir-kombucha: la fibre obtenue est certes 100% biodégradable mais elle n’est actuellement pas imperméable.

En effet, le plus grand challenge reste à trouver une solution face à l’humidité (de l’air ou celle générée par la personne qui porte le vêtement); celle-ci ramollit la fibre et la rend moins durable et plus lourde. Le froid peut aussi abîmer la matière.

L’équipe de l’Université d’Iowa travaille encore sur des solutions; espérons que leur ingéniosité parviendra à obtenir un produit viable!

En attendant, des réelles alternatives sont là, même si celles-ci, on ne peut pas les faire pousser à la maison 😉 : le piñatex, ce cuir végétal réalisé à base de restes d’ananas, fait enfin son entrée sur le marché.

Plusieurs designers comme Mayya Saliba, Carmen Hijosa, John Jenkins ou encore Ina Koelln travaillent cette nouvelle fibre et des fabricants de chaussures, Camper et Puma, s’y intéressent.

Articles de maroquinerie en Piñatex.
Articles de maroquinerie en Piñatex.

 

 

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Carottes et Courgettes

Mange de l’herbe et des cailloux depuis 2013

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