Les additifs alimentaires, ces composés aux noms étranges

En tant que végétaliens, nous sommes habitués à lire les composants des produits alimentaires que nous souhaitons acheter même si c’est écrit tout petit, qu’il faut faire trois fois le tour du produit pour trouver une langue que l’on maîtrise et qu’en plus c’est imprimé sur un fond de couleur improbable. Aussi quel soulagement quand on trouve un Label V, qu’il soit suisse, européen ou anglais !

Malheureusement, cela n’est pas suffisant pour nous assurer de la qualité recherchée car des additifs alimentaires malsains ont trouvé le moyen de se faufiler dans les brèches des conditions d’obtention d’un Label V…

Les catégories d’additifs alimentaires

En règle générale, les classements répartissent les additifs alimentaires en 4 catégories.

Première catégorie : Inoffensif

Les additifs alimentaires inoffensifs. Souvent ce sont des matières premières non transformées et utilisées depuis toujours. Par exemple, le E100 qui est le curcuma utilisé comme colorant jaune naturel.

Deuxième catégorie : Peut présenter de légers inconvénients

Les additifs alimentaires qui ont pu présenter des effets nocifs auprès de personnes particulièrement sensibles. Par exemple, le E300 qui est l’acide ascorbique plus communément connu sous le nom de Vitamine C et qui est utilisé comme antioxydant. A forte dose, la Vitamine C a toutefois un effet laxatif et peut parfois induire un état de somnolence, voire un état dépressif général.

Troisième catégorie : Limiter la consommation

Les additifs alimentaires qui sont reconnus par plusieurs sources pour provoquer des effets indésirables. Par exemple, le E400 qui est l’acide alginique, est extrait chimiquement d’algues brunes et sert d’épaississant. Consommé trop régulièrement, il provoque des irritations du tube digestif, diminue l’assimilation des minéraux et peut réduire la concentration en Fer dans le corps.

Quatrième catégorie : A éviter !

Les additifs alimentaires à éviter absolument car de nombreuses sources les classent comme dangereux pour la santé. Par exemple, le E435, dont l’un des petits noms est le polysorbate 60. C’est un composé synthétique utilisé comme émulsifiant (pour permettre d’incorporer de l’air dans un liquide pour en faire une mousse). La liste des risques de nocivité étant longue, signalons juste qu’il a un potentiel allergène, qu’il peut attaquer le foie ou créer des calculs rénaux !


Pourquoi les additifs alimentaires peuvent être malsains

Les additifs dans les produits au Label V ont beau être exempts de toute provenance animale, ils ne sont pas tous “propres en ordre”. Certains sont fabriqués à partir de végétaux mais la source de ces végétaux n’étant pas toujours contrôlée et contrôlable, ils peuvent provenir de plantes OGM (par ex. le cas de certains glycérides d’acides gras).

D’autres sont totalement synthétisés à partir de molécules dont la source est chimiquement pure et de provenance ni animale ni végétale. Dans ce cas, il y a plusieurs possibilités pour aboutir à un additif dangereux pour la santé. Cela peut provenir de la méthode de synthèse qui produit en plus de l’additif des produits secondaires néfastes indissociable de l’additif (par ex. esters lactiques de mono et di-glycérides d’acides gras contenant des acides gras trans).

Cela peut provenir des solvants ou autres composés nécessaires à la synthèse ou à l’extraction des additifs ; ces premiers peuvent être toxiques et ne pas être totalement éliminés du produit fini. Cela peut provenir de l’additif, toxique en lui-même, que notre corps ne saura pas traiter tant cette molécule est parfaitement étrangère au monde du vivant.

Maintenant que vous avez lu ceci, une précision s’impose pour que vous ne partiez pas en courant au fin fond d’une vallée perdue pour ne vivre en ermite que d’eau fraîche et d’air pur!

Il faut garder la tête froide et savoir que c’est la dose qui fait le poison*. Ingérer occasionnellement un additif de catégorie 4 n’est pas grave.

Il faut juste éviter une consommation régulière car une accumulation est nocive selon notre propre capacité à éliminer. Il faut aussi éviter les cocktails d’additifs de catégorie 3 car leurs effets conjoints peuvent exacerber la toxicité finale du mélange.

* précisons juste que cette règle est valable dans la très grande majorité des cas mais que les allergènes appelés, à juste titre en toxicologie, “substances sans seuil” s’en fichent royalement et peuvent déjà causer de grands dommages à très faible dose pourvu que vous y soyez sensible.

A grapefruit being injected with four syringes containing colour fluids, isolated on white background. Shallow depth of field
A grapefruit being injected with four syringes containing colour fluids, isolated on white background. Shallow depth of field

Quelques conseils simples

Pour limiter l’absorption d’additifs alimentaires néfastes, il suffit de suivre quelques règles car à moins d’y passer un temps fou, vous ne pourrez les éviter tous.

Règle N°1 : deux Labels valent mieux qu’un ! Choisissez de préférence les produits avec le Label Bio Suisse (le plus exigeant) ou les autres Label Bio, en plus du Label V. De nombreux composés autorisés dans le Label V sont interdits tant dans le Bio suisse que le Bio européen ou américain.

Règle N°2 : consultez les listes et applications sur les Codes E fournis par les organismes de défense des consommateurs et évitez les additifs classés comme les plus toxiques.

Règle N°3 : évitez les produits contenant une ribambelle d’additifs, ce qui nous conduit à la règle suivante.

Règle N°4 : restez zen en mangeant les aliments les moins transformés possibles, les plus frais, les plus de saison et craquez seulement de temps en temps pour l’aliment qui contient quelques additifs malsains mais… vraiment il est trop trop bon et je l’aime trop trop beaucoup !

Exemple de produits bizarres :

Vous connaissez sans doute des produits de grande distribution pour personnes allergiques et qui portent aussi le Label V.

Savez-vous qu’une certaine crème à fouetter vendue en grande distribution sous un Label spécialisé sans lactose et sans gluten contient du E435 ? Cet additif est classé en catégorie rouge dans l’application de Bon A Savoir, c’est à dire dans la catégorie des plus risqués et, comme indiqué plus haut, c’est un allergène potentiel.

Drôle d’idée d’incorporer ce produit dans une gamme pour personnes allergiques ! Cet additif est aussi présent dans une crème à fouetter à consonance germanique. Toutes les deux contiennent en plus une cohorte de Codes E classés orange donc pas du tout tip top.

Pour aller plus loin….

Commentaires de Bon à savoir:

Il s’agit d’un travail de synthèse mené par nos rédactions à l’aide de dix sources soigneusement documentées, mais aussi très diversifiées. Nous avons donc regroupé leurs informations, clairement référencées dans l’application, et noté chaque additif en fonction des critères suivants:

VERT Sans danger: aucune source ne mentionne un risque.

JAUNE Quelques doutes: une source au moins invoque un risque.

ORANGE Risques conséquents: plusieurs sources indiquent des mêmes risques.

ROUGE A éviter absolument: une majorité de sources recommandent d’éviter cet additif.

NOIR Pas d’infos sur les risques: les sources ne donnent pas, ou pas assez d’informations sur les risques.

Par ailleurs, nous indiquons pour chaque additif s’il est autorisé en Suisse et dans la Communauté européenne. Nous nous fondons sur l’Ordonnance du DFI sur les additifs admis dans les denrées alimentaires du, respectivement sur le règlement européen CE 1130/2011, entré définitivement en vigueur le 2 décembre 2013. Mais attention: les denrées alimentaires contenant les plus récentes interdictions (E128, E154, E161 h, E216, E217, E342, E364, E550, E1101 et E1503), qui ont été mises légalement sur le marché durant la période transitoire (2012 et 2013), peuvent être commercialisées jusqu’à l’épuisement des stocks!

 

 

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Catherine

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