Antispécisme Cause animale Ethologie & Sentience

Les Chasseurs sont bien malhonnêtes intellectuellement !

« Ce que je pense de la chasse en matière de connexion avec la Nature ? A ce compte-là c’est pareil que de faire du Motocross sur des fourmilières »

Ça y est, la saison de la chasse a recommencé. Une fois de plus, des gens vont prendre du plaisir à se balader en forêt, en montagne, dans les marais et dans les prés, armes sous le bras, pour dézinguer des individus qui n’ont d’autres torts que celui de ne pas appartenir à l’espèce humaine.

Nous allons dans un premier temps nous attarder à examiner en détail comment les chasseurs se définissent. Nous allons donc voir la différence fondamentale entre ce qu’ils tentent d’être et ce qu’ils sont réellement. Le but ici est uniquement de replacer correctement les curseurs.

Les chasseurs se définissent comme des gestionnaires de l’environnement, des amoureux de la nature, des acteurs du maintien des paysages, des espèces et de la « Nature ».

Les chasseurs, lorsqu’ils tuent un animal sauvage ne parlent pas de « meurtre » ou du fait qu’ils ont tué un animal. Ils parlent de « prélèvement ». C’est un fait sémantique assez surprenant qui démontre le déni de la conscience et de l’individualité des animaux sauvages, aux profits d’une idée de « maintien » de « l’équilibre naturel des choses ». Ces propos entre guillemets ne veulent rien dire. Mais ils sont tenus par les chasseurs et les défenseurs de la chasse comme une tradition.

A noter qu’il serait cohérent que la pêche aussi soit interdite, et que les pêcheurs soient reconnus comme des chasseurs. Malheureusement pour les poissons, les pêcheurs sont plus « respectés » que les chasseurs par la population. En effet, la pêche semble être une activité du dimanche tout à fait pacifique et sympathique. Les pêcheurs ne bougent pas de leur endroit pendant des heures. Ils font preuve de patience, de calme, à en écouter certains, ce serait presque comme une discipline martiale qui requiert du talent. Avec leur petit bob vissé sur la tête, leur glacière et leur petite chaise de camping, ils apparaissent comme inoffensifs.

Mais c’est surtout parce que les poissons ne crient pas comme les animaux terrestres, ils ne nous apparaissent pas aussi conscients, et sensibles. Pourtant les poissons et les animaux marins souffrent autant que les animaux sauvages de nos bois et de nos forêts lorsqu’ils sont traqués et tués.

Car il faut bien admettre que ces adeptes du fusil au coup qui part souvent bien vite, en plus de tuer des animaux innocents et parfois même des humains, sont aussi adeptes d’une véritable imposture argumentative, pour justifier leurs actes profondément illogiques et immoraux.

Prenons les choses depuis le début :

L’Homo sapiens a toujours chassé depuis des dizaines de milliers d’années, et c’est sans doute cette activité qui nous a permis de survivre à des hivers rudes, à des périodes de disettes, à des temps difficiles, de la fin du dernier maximum glaciaire d’il y a 20 000 ans jusqu’à arriver à nous, petites gens bien installées au chaud dans nos grandes agglomérations, c’est vrai.

Mais aujourd’hui, les conditions de vie qui nous sont contingentes actuellement nous permettent aisément de se passer de cette activité, sans que nos descendants décèdent de famine.

Pourtant, une petite partie de la population continue de croire en la chasse, et perpétue ainsi ce cycle oppressif et meurtrier contre les animaux sauvages de nos forêts.

Passons par un peu de sociologie, qui sont dont les chasseurs à l’heure actuelle : (voir rapport de l’office national de la chasse et de la faune sauvage)

Pratiquement et presque exclusivement des hommes (moins 1% des permis seraient délivrés à des femmes), dont presque les trois quarts d’entre eux le sont par tradition familiale (enfant de chasseur donc), et dont l’âge médian se situe autour des 50 ans.

En Suisse, les derniers recensements font état d’environs 30’000 chasseurs sur le territoire. Chose amusante, les femmes ne sont comptées que depuis 2014, et elles ne représentent qu’1.5% du total des chasseurs. Je ne sais pas trop quoi penser de ce fun-fact si ce n’est l’expression flagrante du patriarcat sur l’environnement et la société…

Sans rentrer dans un propos généralisant, on ne peut que regarder avec un tant soit peu d’humour le tissu profondément sexiste que constitue cette activité, en s’imaginant à priori le niveau des blagues entre chasseurs autour de 3 litres de pinard descendus autour d’un cadavre fraichement découpé et mis en pièces au congélateur. (Ok, ça, c’était une attaque ad hominem sans aucune preuve, même si l’auteur de ces lignes ne pense pas être si éloigné d’une réalité touchant une bonne grosse moitié des chasseurs, et y trouve un véritable pont entre le féminisme et l’antispécisme).

Les inconnus Sketch Les chaseurs
Les Inconnus, sketch “Les chasseurs”

Bref, digression terminée, revenons-en aux arguments profondément imbéciles en faveur de la chasse. Il a pu en être trouvé plusieurs, synthétisés en 3 catégories :

  • LE MYTHE DES BIENFAITS ÉCOLOGIQUES, ET LA DÉFENSE DE L’ENVIRONNEMENT
  • L’ARGUMENT DE L’APPEL A LA TRADITION
  • LA LIBERTÉ

Examinons les dans l’ordre si vous le voulez bien.

LE MYTHES DES BIENFAITS ÉCOLOGIQUES

Non, un chasseur n’aide pas la « Nature ». Le concept d’imaginer qu’un chasseur agit entièrement au bénéfice d’un écosystème est vraiment un concept franchement obscur et surtout complètement faux.

L’impact environnemental de la chasse est plutôt en défaveur de l’argument du bien-fondé écologique de la chasse.

L’un des arguments qui revient le plus souvent est celui-ci :

« Un chasseur est nécessaire, car il régule les populations des espèces »

Ceci est faux, complètement faux.

La Nature se régule d’elle-même, et un exemple me crève les yeux depuis le départ :

La chasse est interdite sur tout le canton de Genève, et ce, depuis 1974 : « La chasse aux mammifères et aux oiseaux est interdite. Les mesures officielles de régulation de la faune sont réservées. » art. 162, Constitution de la République et Canton de Genève.

(Même si depuis 2009, les sangliers sont de nouveau “régulés” par des gardes forestiers sur le canton (cf. la Régulation des sangliers), pour cause de dégâts constatés sur les champs de céréales, mais on va revenir sur cet exemple plus loin, ne vous inquiétez pas !)

Hormis les sangliers tirés depuis 2009, des organisations et l’État de Genève monitorent ce projet depuis plus de 40 ans, et le constat est sans appel : Aucune explosion démographique dans les comptages d’espèces, aucun dérèglement majeur est noté dans les forêts de la République : Tout va bien d’un point de vue systémique et économique (voir le rapport de l’État de Genève mis à la fin dans la rubrique des références).

Ainsi, les Genevois ont ainsi fait la démonstration sur une durée suffisamment longue et un espace suffisamment grand pour affirmer la chose suivante :

« La Nature n’a pas besoin des chasseurs pour se porter au mieux »

Pour revenir sur le cas de la “prolifération” des sangliers sur le territoire genevois, il est aussi de bon ton de se questionner sur les causes potentielles de ce constat et les voici :

Tiré de “l’explosion démographique du sanglier, enjeux et défis”, ELO, 2012)

  • La modification des pratiques agricoles (enblavement des cultures refuges), augmentant directement la quantité de ressources disponibles pour les sangliers
  • Le réchauffement climatique

Et force est de constater qu’une fois de plus, c’est bien l’homme qui en est responsable, et non pas la “Nature” qui agirait toute seule, comme une force maléfique pour nous obliger à tuer des êtres sensibles.

Venons-en ensuite à un fait extrêmement intéressant qui montre l’imposture totale de l’argumentation des chasseurs :

L’agrainage.

L’agrainage est un dispositif permettant d’alimenter les animaux sauvages, et ainsi de subvenir plus qu’à leurs simples besoins, pour qu’ils vivent avec le ventre plein. Ce dispositif est pratiquement utilisé partout !

 Donc, résumons un peu

Sous le prétexte que les populations de certains animaux (sangliers notamment) peuvent poser des problèmes pour le voisinage, les agriculteurs et les riverains, les chasseurs s’érigent comme des sauveurs, en éradiquant un nombre trop important d’animaux, alors que dans la majorité des cas : Ils nourrissent eux même ces dites populations, pour qu’elles engendrent des portées nombreuses, et qu’ainsi, (via l’absence de prédateurs naturels … eux aussi tués par les chasseurs), elles en viennent à faire des dégâts.

 

Source www.humanite-biodiversite.fr

C’est un peu un cercle vicieux dans lequel les chasseurs se sont embarqués, un cercle qui s’alimente et s’entretient par les chasseurs, pour la mort de milliers d’animaux qui n’ont rien demandés, qui subissent une traque horrible avant de finir sous les balles d’humains qui n’ont pour autre passe-temps que de les tuer…

L’élevage du gibier : le dernier clou du cercueil de la régulation

Car, partout en France comme en Suisse, le gibier est avant tout un commerce !

Si les sangliers étaient un véritable problème de société, la première chose que nous ferions, c’est d’arrêter immédiatement de les reproduire artificiellement !

Que fais notre société à la place ? Des revenus lucratifs !

 

Source www.arcinfo.ch

De l’argent, en proposant pour 400 à 500€, la possibilité de réserver un bout de forêt pour faire sa propre battue soi-même, parfois durant plusieurs jours, en famille, avec un sanglier qui aura été nourri et élevé, pour l’unique but d’être traqué et tué ! (cf liste des élevages de gibiers dans les sources)

L’illogisme, le non-sens et l’absurdité à son paroxysme !

L’ARGUMENT DE L’APPEL A LA TRADITION

L’argument de « c’est traditionnel » est vraiment l’un des arguments les plus mauvais que l’on peut utiliser pour justifier qu’un acte quel qu’il soit est moral. C’est pourtant le premier argument qui nous frappe lorsque l’on visite un site internet sur la chasse par exemple.

A l’instar de l’argument du « c’est naturel », cet argument est terriblement mauvais car il peut être contredit en 25 secondes :

Dans de nombreuses société, présentes ou passées, l’esclavage, l’asservissement des femmes, la violence sur les enfants par exemple sont instituées par une culture, et une tradition.

Jusqu’à il y a peu, nous n’accordions pas les mêmes droits aux personnes racisées de couleur noire, et nous les réduisions à l’esclavage, et des dizaines de milliers de personnes y trouvèrent la mort.

Le commerce triangulaire s’est appuyé sur la tradition lorsqu’il s’est vu être remis en cause. Mais tout le monde aujourd’hui affirme que la traite négrière était une abomination sans le moindre des problèmes.

Les traditions ne sont pas faites pour rester éternelles.

Source www.lematin.ch

 

Aujourd’hui, l’aspect historique de la chasse en France est un aspect certainement intéressant pour venir étudier et rencontrer la société au Moyen-Age, ou à la Renaissance par exemple, mais ne constitue plus en aucun cas un pan positif de la société à l’heure où ces lignes sont écrites.

Ainsi, et pour ne pas s’étendre sur un argument très faible : la tradition n’excuse pas, et ne justifie en aucun cas la moralité d’un acte comme celui de tuer un être sensible, en aucun cas !

LA LIBERTÉ :

Voilà le dernier argument qui nous est donné d’entendre de manière assez récurrente lorsque le sujet de l’imbécilité de la chasse actuelle est abordé :

L’argument que l’on fait bien ce que l’on veut finalement, on est libre, c’est le terreau de la morale (cet argument est souvent aussi proposé pour justifier le choix de manger des produits animaux ou non)

A cela, la Véganie répondra de manière assez unilatérale :

Oui, chacun fait ce qu’il veut, du moment que ces choix ne viennent pas entraver les intérêts des autres individus de son plan. Faire autrement revient à agir de manière immorale

Les Sangliers, Cerfs et autres Daims possèdent dans tous les cas l’intérêt suivant :

Celui de vivre. Et cela ne peut être contesté (navré, mais aucun moyen ne permet de réfuter cette affirmation, si ce n’est des arguments niais, imbéciles ou fallacieux)

Ainsi, chasser devient concrètement un acte qui contrevient à l’intérêt des animaux qui sont chassés : celui de ne pas mourir.

Ainsi, la chasse correspond à un acte immoral. Et par extension : un chasseur agis de manière immorale.

Conclusion et perspectives

La conclusion de cet article est relativement simple : il n’existe aucune justification ni environnementale et encore moins d’ordre éthique de chasser des êtres sensibles, aucune !

Pour lutter contre certaines espèces qui seraient « envahissantes », les solutions sont multiples :

Figure 5: Protocoles de pose de clôtures (Source : site du canton du Valais)

Même si la première chose à faire est de cesser de nourrir artificiellement ces individus, des barrières physiques peuvent être crées, des populations peuvent migrer … et les solutions pacifiques et non intrusives existent.

 

Source duboisag.com

De nombreuses solutions existent plutôt que de sortir son fusil, tous les mois de septembre, et d’aller traquer, encercler, courir après, et abattre d’une balle un animal, un être sensible, qui n’a rien, ô grand jamais, rien demandé pour s’être retrouvé dans cette situation !


Références et pour aller plus loin

Je vous recommande chaudement d’aller visionner aussi les chroniques de la cruauté ordinaire du grand et magnifique Gurren Vegan sur Youtube.

Et le reportage de Kate Amiguet que vous pouvez retrouver sur YouTube.

Source: https://www.facebook.com/francesanschasse/
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A propos de l'auteur-e

Joseph Jaccaz
Joseph Jaccaz
Musicien et militant antispéciste, j’ai un poster de Yves Bonnardel et de Neil Fallon au-dessus de mon lit.

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