Cause animale

[Militantisme vegan] Lettre ouverte à mes amis Facebook

Damien, vegan depuis 4 ans, utilise régulièrement Facebook pour sensibiliser ses contacts à la cause animale. Au milieu des publications artistiques ou culturelles, on y retrouve des vidéos, photos, dessins,… dénonçant l’exploitation des animaux.

De nombreux vegans utilisent les réseaux sociaux pour informer et communiquer, ce qui est indéniablement utile pour faire avancer les choses. Mais comment réagir quand ses amis FB crient au jugement et à la condescendance? Voici la lettre ouverte de Damien publiée sur son profil lorsque ses contacts lui ont fait des reproches.


“Je tiens à m’excuser auprès des personnes que j’ai pu déranger ces derniers temps, mon profil est devenu un peu trop rentre-dedans au niveau militantisme et j’aimerais mettre au clair le fait que je ne juge personne.

J’ai mangé beaucoup d’animaux dans ma vie. Alors que j’avais un chien et un chat à la maison, j’ai mangé des cochons, des vaches, des veaux, des boeufs, des poulets, des canards, des oies, des cerfs, des poissons, des fruits de mer et certainement bien d’autres dissimulés dans les ingrédients de plats préparés… pas de chiens, de requins ou de singes parce que ce n’est pas dans les coutumes de la France, mais j’ai mangé beaucoup d’animaux traditionnels d’ici sans même me poser de questions.

Au final j’ai peu de végétariens dans mon entourage, que ce soit au niveau familial, amical, professionnel, et ça ne m’empêche pas d’apprécier tout le monde. J’ai simplement profité de l’affaire “Farid de la Morlette” et de sa grande effervescence pour parler d’un mode de vie qui finira certainement par s’imposer de lui-même, tant la société, la santé mondiale et la planète elle-même, sont au bord du gouffre: le véganisme.

Si je poste ça ce n’est pas parce que j’adore perdre mon temps à me faire détester, certainement pas parce que je n’ai rien de mieux à faire, mais de la même raison qu’une personne témoin d’un crime quel qu’il soit, par exemple d’un système d’esclavage d’enfants dans des usines que le monde ne réalise pas, ou encore d’une oppression violente sur des minorités noires que l’on finance sans le savoir, je pense que c’est on ne peut plus normal de dénoncer ce qui me parait être un scandale.

Avant mes 18 ans, on m’a proposé un petit job d’été, celui de ramasser des oeufs dans un poulailler. Dans ma tête c’était clair, j’avais déjà vu dans les pubs comment ça se passe, gambader dans l’herbe fraîche et la paille propre m’allait très bien…vous n’imaginez pas ma surprise quand je suis arrivé devant cet espèce de bâtiment industriel morbide sans une seule fenêtre, sans un seul brin de paille ou d’herbe à l’horizon. Puis je suis entré.

Jamais je n’avais vu quelque chose d’aussi immonde et insupportable. Là j’ai vu de mes propres yeux ce qu’était un élevage intensif. J’ai vu ces êtres complètement déplumés et ensanglantés tassés les uns sur les autres dans cette odeur ignoble de mort, d’oeufs pourris et d’excréments, le tout dans une chaleur insupportable et un vacarme de hurlements incessant à en rendre sourd. J’étais en enfer.

Je ne sais pas comment j’ai pu avoir la force de passer le balai dans ces hauts couloirs noirs étroits et interminables où de chaque côté des centaines ou des milliers d’êtres agonisants ou déjà morts dans leurs prisons vous dévisagent, je me suis honteusement traîné jusqu’au bout en balayant tous ces cadavres tombés plus ou moins en morceaux des cages dont certains rampaient encore dans leur sang. Jamais je n’avais eu autant le coeur arraché par mon propre dégout, je me sentais comme le pire des nazis dans un camp de concentration abominable. Quitte à me faire détester par mon employeur, j’ai perdu 15 minutes à concentrer mon courage en pleurant la pelle à la main, pour achever le calvaire de ces bêtes à mes pieds dans une flaque de sang… j’ai au moins réussi à leur couper la tête pour qu’elles ne souffrent plus.

Puis en rentrant chez moi le soir, après que ma mère m’ait proposé un poulet à manger et que je sois allé vomir toutes mes tripes, en faisant mes recherches j’ai découvert avec stupéfaction que l’on pouvait vivre en meilleure santé sans avaler cette souffrance, je ne voulais pas trop y croire, c’était trop beau pour être vrai, mais en découvrant qu’une grosse partie des savants, génies, sportifs et célébrités de l’histoire était ou a été végétarienne voire complètement vegan, j’ai été forcé d’admettre que c’était possible. Ça n’a pas été difficile d’arrêter la viande, je ne pouvais tout simplement plus en regarder un morceau sans avoir envie de vomir.

Mais j’en arrête là avec ce témoignage parce qu’il ne parle que d’une infime et ridicule petite partie de ce qu’est l’exploitation animale.

Pour ceux que ça intéresse, je vous laisse quelques chiffres qui, à condition qu’on accepte de les croire tant ils sont hallucinants, parlent d’eux-mêmes:

L’abattage des animaux pour fournir de la viande représente plus de 1900 animaux par seconde soit au minimum 60 milliards d’animaux tués chaque année, représentant 280 milliards de kilos (vs. 44 milliards en 1950) selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture qui prévoit 110 milliards d’animaux tués chaque année en 2050.

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Statistiques Planetoscope

 

58 milliards d’animaux, c’était le nombre de victimes que l’humanité a généré uniquement pour produire sa viande d’abattoirs en 2012. Nous ne parlons ici ni des élevages non-officiels ni des élevages hors abattoirs, ni des dizaines de milliards de poissons et des centaines de milliards de fruits de mer pêchés, ni des milliards de victimes de l’industrie laitière, ni des dizaines de milliards de victimes de l’industrie des oeufs, ni des autres incalculables victimes mangées dans certains pays comme les chiens et chats, ni des incalculables victimes de la production de cuir, ni de celles des producteurs de fourrure, ni de celles des producteurs de laine, ni des dizaines de millions de victimes des laboratoires de vivisection, ni de celles des usines à animaux domestiques/animaleries/refuges, ni de celles du braconnage, ni de celles des prisons que sont les zoos et delphiniums, ni de celles des jeux de tortures comme la corrida ou les combats de chiens, etc, etc…

Tenons-nous en uniquement à ces 60 petits milliards d’animaux tués chaque année pour les petits plaisirs des quelques pays riches des 7 petits milliards d’êtres humains de la Terre.

Dans toutes les guerres et génocides de l’histoire, on estime le nombre de victimes à environ 620 millions… c’est environ ce que nous massacrons tous les quatre jours uniquement pour la viande d’abattoir.

Sachant que l’élevage intensif est de loin la plus grande cause de pollution et de déforestation au monde, qu’il faut environ 15 000 litres d’eau ( l’équivalent de six mois de douche ) pour faire 1 kilo de steak alors qu’il en faut moins de 1 500 pour produire 1 kilo de céréales, qu’il faut 10 kilos de céréales pour produire 1 kilo de viande, ce qui veut dire que manger un steak correspond à manger la part de dix personne pour soi alors que 100 000 personnes meurent de faim tous les cinq jours et on ne parle même pas d’accès à l’eau potable.

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On peut largement en conclure que l’holocauste organisé qu’est la production de viande est la plus grande aberration éthique, écologique et humanitaire de l’histoire du monde. Voilà pourquoi j’ai arrêté de financer des abattoirs et des usines intensives qui faisaient ce que j’étais incapable de faire: tuer, étriper, découper des becs, arracher des dents et des queues sans anesthésie, broyer des poussins mâles qui ne produisent pas d’oeufs, gaver des foies d’oies jusqu’à leur mort, vider de leur sang des êtres innocents, ramasser la merde produite par tonnes, ou encore inséminer des vaches et les forcer à mettre bas en plein milieu de leur gestation en tirant les nouveaux-nés avec une corde avant de les tuer et de voler leur lait…

[…]

Je ne demande qu’une chose: mettez des vitres aux abattoirs et aux élevages intensifs, qu’on laisse au peuple le droit de savoir ce qui se passe réellement dans ces “slaughterhouses” comme on dit en anglais ( ou “maisons du meurtre” ), informez-vous sur ce que l’on nous cache à travers des campagnes de propagande. Il n’est plus à prouver que si nous devions élever et tuer nous-mêmes nos propres bêtes, 95% de la population serait végétarienne. Les français sont comme d’habitude très en retard sur les autres pays, où le végétarisme et le véganisme montent à une vitesse de plus en plus grande.

[…]

Imaginez qu’une race extraterrestre en avance sur nous se pose sur terre et commence à nous élever intensivement pour nous manger, nous gaver le foie pour provoquer des stétatoses (maladie qu’on appelle luxueusement “foie gras”), nous inséminer artificiellement et nous caser dans des cages plus petites que nous, nous clouer sur des machines et nous faire avaler de l’eau de javel pour tester ses produits, piquer les femmes aux hormones pour les faire accoucher plus vite, tuer leurs petits et pomper leur lait jusqu’au sang ? Vous trouveriez ça “normal” ?

Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas que l’on vous fasse.

N’évitez pas lâchement de vous salir les mains, vous n’êtes en rien moins responsable de la mort du cadavre qui est dans votre assiette puisque vous payez quelqu’un pour ramper dans le fumier et le sang de ce qui arrivera dans votre assiette à votre place.

Je suis sincèrement désolé si je vous ai paru désagréable, mais je suis témoin d’un massacre dont beaucoup de gens semblent inconscients, et je trouve que c’est mon devoir de vous faire part de mon témoignage.

En espérant que la paix et l’amour finissent un jour par régner sur cette planète dont tout le monde se plaint sans rien faire… alors que les solutions sont honteusement simples.

Vous pouvez être des héros, n’attendez pas, comme le dit le Dr Helmut Kaplan:

Un jour nos petits-enfants nous demanderont : où étiez-vous pendant l’Holocauste des animaux ? Qu’avez-vous fait contre ces horribles crimes ? Nous ne serons pas capables de donner la même excuse une seconde fois, que nous ne savions pas.

 

Vous aussi vous militez sur les réseaux sociaux? Quelles réactions obtenez-vous?
Que pensez-vous de la lettre ouverte de Damien?

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A propos de l'auteur-e

Luisa
Grande curieuse écolo, amoureuse en cuisine, parfois baroudeuse (à petit budget). Créatrice de VeggieRomandie.ch - Organise des sessions de dessin Draw&Drink

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