Mon expérience de voyage végane et zéro déchets #1

Voyager en tant que végane tout en limitant ses déchets, c’est possible ? 

Partir en voyage n’est pas toujours de tout repos. De toutes façons, ce n’est pas ce que je recherchais lorsque je me suis envolée pour la seconde fois vers l’Asie du Sud-Est pour plusieurs mois. Ses temples, ses sourires mais aussi sa nourriture – qui à nous, européens, semblent si exotiques – conquissent chaque année des millions de voyageurs.

Alors, que vous partiez en sac à dos, à vélo avec votre tente et votre sac de couchage, à moto, à pied ou encore en taxi, je vous donne dans cet article mes conseils pour parvenir à profiter de ces moments exceptionnels tout en ne mettant pas de côté les valeurs qui stimulent, chez vous, votre routine quotidienne…


Le mouvement zéro déchet et moi

Commençons par un sujet qui me tient à cœur et qui, selon moi, rejoint – dans sa manière de penser et d’agir – le mouvement végane: il s’agit du zéro déchet ou « Zero Waste », auquel je m’adonne depuis désormais une demi-année. Je n’en suis qu’à mes débuts et j’ai encore un sacré chemin à parcourir, mais mon intention est de m’améliorer un peu chaque jour (je ne crois pas à la perfection).

Lors de mon précédent voyage en Indonésie, Birmanie et Thaïlande en 2014 (j’étais alors végétarienne et soucieuse de l’environnement, mais encore trop peu éduquée sur ces sujets et des moyens d’action à l’échelle individuelle qui existent), qui dura quatre mois, je ne m’étais pas félicitée de tout le plastique engagé dans mes propres achats et qui, je le savais, finirait bientôt brûlé dans une décharge complètement débordée de déchets loin du regard de tous (oui, c’est pareil chez nous aussi, même si nos paysages et nos rues ne sont pas autant jonchés de déchets que ne le sont les pays en voie de développement…). C’est ce qu’on appelle la face cachée de l’iceberg.

Ce nouveau périple m’a amenée dans trois pays : le Cambodge, le Vietnam et le Laos. Je ne sais pas qui détient la Palme d’Or du plus grand pollueur ; cependant, le Vietnam, dont la croissance économique a explosé ces dix dernières années et qui poursuit son développement à la vitesse de son voisin la Chine, semble battre certains (mauvais) records. Le plastique y est roi, comme si le jetable était l’apanage des riches.

Vous reprendrez bien un sac plastique pour emballer vos fruits emballés de film plastique, dans une barquette en polystyrène ?

Chat entouré de fruits et de plastique…une belle nature morte (Hô Chi Minh, Vietnam).

Mais j’ai eu, au Cambodge, l’occasion d’observer de nombreux champs de déchets désertés par toute vie humaine et animale, où même les chiens errants ne daignent pas se promener. C’est vraiment triste quand quelques mètres plus loin, vous tombez sur une plage déserte qui pourrait être magnifique si elle n’était pas jonchée de plastique en tout genre et de toutes formes : pailles, gobelets, tongs, bouteilles, sacs plastiques, sauts… et de voir les quelques poissons morts et autres animaux marins qui n’ont pu résister à tant de pollution humaine.

Bref, il fallait donc que je m’équipe un minimum avant mon départ afin de limiter mon impact environnemental (je m’étais déjà effondrée en vérifiant le nombre de tonnes de Co2 desservies dans l’atmosphère rien qu’en prenant l’avion… voilà, personne n’est parfait.).

L’équipement zéro waste

J’ai donc commencé par me procurer, pour mon copain et moi :

  • deux pailles en inox (réutilisables, biodégradables, faciles à entretenir, et bien plus esthétiques que les conventionnelles en plastique),
  • deux gourdes d’une contenance d’un litre en inox,
  • deux couteaux type Opinel (attention, à ne pas mettre dans les bagages à main ! très pratiques pour se faire des sandwichs, couper des fruits, etc.),
  • des couverts réutilisables (au cas où on soit obligés de prendre des plats à emporter – emballés, eux – et limiter au moins le plastique sur les couverts qui sont donnés avec et toujours jetables),
  • des brosses à dents en bambou biodégradables,
  • des savons pour le corps ET les cheveux (type shampoing sec, sous forme de savon que l’on frotte sur sa chevelure mouillée),
  • des mouchoirs en tissu pour se moucher et éponger ce que l’on a malencontreusement renversé…

Ces gestes peuvent sembler dérisoires pour la plupart des gens, et c’est vrai qu’on en vient à douter de la nature de nos efforts, lorsque tout ce qui nous entoure n’est que prêt-à-jeter.

C’est le même découragement qui parfois me prend à douter de la portée de mon mode de vie végane, lorsqu’à table, le jour de Noël, mon frère me dit qu’il ne sait se passer de viande lors d’un repas, alors même qu’il découpe le « chaperon » après avoir mangé plusieurs vies marines… Oui, c’est décourageant, mais comme chaque vote en politique compte, ici chaque geste vaut qu’on lui prête attention. Chaque franc/euro/dollar dépensé est une manière de voter pour le monde dans lequel tu souhaites évoluer.

Encore novice, je savais bien que je n’avais pas tout en main ni assez d’expérience pour vivre un voyage 100% zéro déchet, mais je m’en suis approchée : en trois mois, je n’ai acheté qu’une seule bouteille d’eau.

L’état de ma gourde Earthlust après trois mois d’usage quotidien.

J’ai très souvent refusé les bouteilles données gratuitement dans les bus ou les hôtels, et ai insisté auprès des locaux pour m’approvisionner en eau potable grâce aux grosses bonbonnes d’eau que chaque habitant, magasin ou établissement en tout genre (hôtel, auberge, maison d’hôtes, banque, poste) possède pour la famille ou les employés.

Certains s’en voyaient amusés, d’autres étonnés voire incrédules, d’autres encore agacés que nous ne voulions pas dépenser 0.50 cents pour acheter une bouteille d’eau réfrigérée. C’est alors que j’essayais d’expliquer mes motivations, et d’engager une conversation, parfois limitée par la barrière de la langue, sur l’importance de limiter nos déchets.

A chaque boisson achetée, que ce soit en magasin ou au restaurant, il fallait préciser que l’on ne souhaitait pas avoir de paille.

Eau de coco fraîche, sans paille svp !

Comme la plupart des gens ne connaissaient pas le mot « straw », nous avons rapidement pris l’habitude de brandir nos pailles en inox, provoquant encore une fois l’étonnement et les rires.

Les ratés

Bien sûr il y a eu des ratés : parfois, nous avons tout simplement oublié de préciser que nous ne voulions pas de paille, parce qu’on était fatigués, ou qu’on ne pensait pas qu’on allait nous apporter une bière avec une paille… Refuser les sacs plastiques était facile, c’est une habitude déjà bien ancrée dans notre quotidien d’occidentaux.

Les emballages naturels : LA solution ! à droite : riz noir gluant et noix de coco râpée (à Luang Prabang, Laos), à gauche : glace à la noix de coco dans une demi noix, chair de coco et bananes séchées (à Phnom Penh, Cambodge)

Les seuls sacs en plastiques que l’on n’a pu éviter ont été ceux donnés par les services de lavage de nos vêtements (laver nos sous-vêtements au savon à la main ça va, mais toute une flopée de vêtements sales, c’est plus compliqué) ; mais nous nous en resservions toujours d’une manière ou d’une autre.

Nous avons pris des plats à emporter le moins souvent possible, car sur-emballés, mais parfois nous n’avions pas d’autre choix (à part celui de voyager le ventre vide).

Evidemment, à chaque étape de notre voyage, nous laissions les produits d’hygiène type « kit-de-beauté-prêt-à-jeter » de côté, utilisant avec joie notre dentifrice naturel et nos brosses à dents en « bois ».

Ce qu’il reste de mon kit beauté: ma brosse à dent, le dentifrice pas-tout-à-fait-zéro-déchet de Weleda. Il manque les savons que nous avons utilisés, au moins 4 en tout pour 2 personnes et pour 3 mois.

Soins dentaires naturels: conseils simples et efficaces

Dans le futur…

Si je repartais demain, je partirais avec un ou plusieurs tupperware en inox pour prendre les plats à emporter au restaurant / dans la rue sans emballage néfaste, ainsi qu’un contenant de 0.5 litre qui garde la température pour les boissons chaudes ou froides telles que le café, thé ou jus de sucre de canne que l’on trouve aisément dans la rue et qui sont TOUJOURS vendues dans des gobelets en plastique : ces derniers ont ce qui a constitué la plus grosse partie de mes déchets durant ce voyage (il arrive parfois qu’il y ait quelques tabourets pour s’asseoir autour d’une table basse, et on peut alors demander à être servis dans un verre en verre).

Vente à emporter ou sur place de jus de sucre de canne.

Pour en savoir plus sur le zéro-déchet et entreprendre à votre rythme ce mode de vie que nos grands-parents connaissent si bien, je vous invite à en lire davantage en vous procurant par exemple – d’occasion 😉 – le livre Famille (Presque) Zéro Déchet – Ze Guide, très ludique, par étapes et avec des recettes pour fabriquer maison tous les produits polluants et emballés que l’on ne souhaite plus acheter.

Sinon, avec un bon moteur de recherche éthique tel que Ecosia, vous n’aurez pas de mal à tomber sur de nombreux blogs traitant ce sujet dont on entend parler de plus en plus, et tant mieux !

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Valentine Eva Donia

Minimaliste-nomade-écolo et emplie de compassion

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