Carnet de voyage vegan Ecologie

Mon expérience de voyage végane et zéro déchets #2

Voyager en tant que végane tout en limitant ses déchets, c’est possible ? Lire l’épisode précédent pour découvrir toutes les astuces zéro déchets en voyage.


Voyager en sac à dos quand on est végane… Petit aperçu de mon expérience au Cambodge, Vietnam et Laos!

Parcourir l’Asie en sac à dos quand on a décidé de ne plus consommer de produit d’origine animale n’est pas toujours de tout repos. Il est vrai qu’en Europe, les restaurants asiatiques représentent un choix facile pour ceux qui souhaitent manger végétalien sans forcément imposer leur choix à leurs proches ou invités.

Mais une fois dans le pays, la réalité est tout autre : il faut se faire comprendre, avoir le réflexe de demander que la nourriture soit préparée sans sauce poisson (fish sauce) ni sauce d’huître (oyster sauce), en plus du fait que l’on ne mange ni produits laitiers, viandes ou œufs.

Si les cuisines traditionnelles thaï & vietnamienne, par exemple, sont basées sur les végétaux, celles-ci, avec l’augmentation du niveau de vie des populations locales, se sont rapatriées sur les denrées animales.

La propagande occidentale mise en place dans les années d’après-guerre pour pousser la consommation de viande et de produits laitiers afin d’enrichir les pays, ses lobbys, et ce tout en mettant à mal la planète, s’est bien propagée jusque dans des pays asiatiques jusqu’alors largement bouddhistes…

VIETNAM

Au Vietnam, la plupart des bouddhistes mangent désormais de la viande au quotidien, mais ils continuent toutefois de manger strictement végétarien (entendre : vegan) plusieurs fois par mois.

Lors de mon voyage, j’ai eu la chance de tomber sur une famille de médecins adorables et heureux d’avoir soigné l’oreille de mon amie, qui nous ont invités, mes amis et moi, à prendre le déjeuner avec eux…

Festin entièrement vegan à Hoi An

Ce fut un véritable festin non prémédité et entièrement vegan, car nous étions le jour du changement de lune (il me semble… !) et c’était le jour où toute la famille, ainsi que les assistant(e)s du médecin mangeaient entièrement végétal.

Salades, sushis, faux poisson, fausse viande et j’en passe… Il faut dire que les vietnamiens sont très forts dans l’imitation des viandes et poissons. Dans chaque ville, il existe des petits boui-boui où l’on peut manger un plat du jour à base de riz, de protéines de soja ou de blé et de quelques légumes.

Ce sont des plats très bon marché, servis dans des plateaux réutilisables en plastique ou en métal. On y voit rarement des touristes, et l’enseigne Chay indique qu’il s’agit d’un restaurant végétarien (souvent, végétarien signifie en fait vegan, les œufs et les produits laitiers n’étant à l’origine pas considérés comme végétariens). Ce mot a, par ailleurs, sauvé nos « vies » de voyageurs vegan en herbes dans ce pays où tout grouille, fume, tremble…

Car le Vietnam suit le chemin de son voisin, la Chine, et présente une croissance économique des plus énormes depuis ces dix dernières années. Tout se construit, les paysages changent, les touristes (russes) affluent…

Rares sont les plages qui sont encore préservées de tous ces changements. Mais, dans le grand Nord vietnamien, à la frontière chinoise, se dessine un tout autre aspect de ce pays étonnant. Des montagnes et des vallées se suivent les unes après les autres, avec, parfois, un village ou une petite ville.

Ici, on ne parle plus vraiment vietnamien. Il s’agit d’une langue à part, à cheval entre le chinois et la langue officielle du pays. Alors, malgré les quelques mots appris au cours des semaines qui ont précédées, il nous faut maintenant employer le langage des signes, du sourire et de la patience.

Faute de choix et de compréhension mutuelle, nous avons principalement mangé du riz au tofu frit et à la tomate, tous les jours lors de notre road trip à moto ! Le matin : des fruits ou du pain, le midi : des patates douces ou du maïs au bord de la route, le soir : du riz au tofu.

Mais les grandes villes vietnamiennes, Hô Chi Minh, Hanoi ou encore Danang (gros coup de cœur pour cette ville, ses habitants et ses paysages) regorgent de restaurants végétaliens ou Chay, délicieux, fins et frais.

Exemples:

Courge au riz rouge & salade vietnamienne (banana flower salad)

CAMBODGE

On entend plus rarement parler de cuisine cambodgienne, que l’on dit influencée par la cuisine thaïlandaise, mais en réalité : 1/ il existe bel et bien des spécialités cambodgiennes et 2/ les cambodgiens ne savent pas vraiment cuisiner thaï…

Phnom Penh est le théâtre de la vie cambodgienne : j’ai beaucoup apprécié cette capitale, plutôt calme, pas très belle mais au charme indéniable.

On y mange très bien, il y a quelques restaurants véganes locaux, mais aussi chinois, australiens… Globalement, le Cambodge est un pays fascinant, à l’histoire triste et aux habitants adorables.

Dans les rues de Phnom Penh comme dans les temples d’Angkor, on y trouve facilement de la nourriture végétalienne: les meilleurs ananas au monde, des patates douces grillées, du maïs, des feuilles de bananier remplies de riz gluant sucré à la noix de coco et à la banane (un DÉLICE)…

Faire son marché à vélo au bout du monde… / Sticky rice with coconut & banana

Bref, on ne meurt pas facilement de faim tant les tentations sont grandes ! Cela dit, les marchés de nuit ne sont pas comparables à ceux que l’on peut trouver partout en Thaïlande : je n’y ai jamais trouvé d’options végétariennes ou véganes, il n’y a que des préparations à base de poisson ou de viande.

Il faut donc se rabattre sur les restaurants. Avec l’application Happy Cow, il était facile de savoir où aller manger, et j’ai pu déguster de bons currys cambodgiens traditionnels (une pâte de curry jaune au goût très léger et peu épicée, traditionnellement cuit avec du poisson).

Curry rouge en bord de mer, no fish sauce, no oyster sauce !

Ah, le poisson et les « fruits » de mer… Je me suis rendue dans une région peu touristique, dans la province de Koh Kong, proche de la mer. Là-bas, comme dans le nord du Vietnam, il a parfois été un peu plus difficile de manger végane.

J’ai dû à plusieurs reprises me contenter d’un porridge d’avoine à la cannelle et aux bananes (conseil : toujours avoir des flocons d’avoine sur soi) car je n’arrivais pas à me faire comprendre auprès des locaux qui ne parlaient pas un mot d’anglais, et tout ce qu’on me proposait contenait de la chair animale.

Contrairement au Vietnam où le tofu est roi, ici, on n’en connait même pas l’existence ! Heureusement, on trouve toujours facilement des fruits qui font très bien l’affaire le temps d’un repas.

Petits déjeuners typiques lors de mon séjour : des fruits, des fruits et encore des fruits !

LAOS

Ce voyage m’a emmenée jusqu’au Laos, un pays que je souhaitais visiter depuis longtemps et dont je suis repartie à contre cœur, car c’est clairement l’un des pays que j’ai le plus apprécié parmi mes voyages en Asie du Sud-Est (avec l’Indonésie et la Birmanie dans le top 3). Le calme, les paysages, le temps (ni trop chaud ni trop froid), et les gens…

Jamais je n’aurais cru qu’un pays aussi loin de l’océan pourrait autant conquérir mon petit cœur. Alors non, ce n’est pas le pays le plus vegan-friendly dans lequel j’ai séjourné, mais c’est un détail tellement ce pays vaut le détour.

Il y a encore relativement peu de touristes, les laotiens sont toujours ravis de raconter leur histoire, leur vie, les relations qu’ils entretiennent avec l’histoire et leurs voisins Thaïlandais, dont ils se sentent à la fois proches et rejetés. Les laotiens sont honnêtes, chaleureux et ouverts.

Ils mènent leur vie comme bon leur semble, sans trop se préoccuper du lendemain. Alors qu’il n’a pas toujours été évident de trouver où manger, les gens ont souvent été très patients lorsque je passais commande, soucieux de ne pas faire d’erreur.

Etant donné qu’il y avait peu d’options, je retournais volontiers au même restaurant et créait ainsi un lien avec le commerçant.

L’un des meilleurs repas au Laos : nouilles de riz, tofu, oignons à la crème de coco, CACAHUÈTES et lit de salade

Mon plus beau souvenir restera sans doute l’auberge où nous avons logé deux nuits dans un petit village paradisiaque, dans la province de Champasak. Nous logions chez l’habitant, un père de famille qui a adopté des orphelins du village, et qui, grâce aux chambres qu’il loue, permet à la famille de se nourrir correctement tout en étant capable de payer l’éducation des enfants.

Chaque soir, nous étions invités à participer à un grand festin tous ensemble, en mettant la main à la pâte, et en mangeant autour d’une grande table rustique en bois massif.

Les hôtes préparaient volontiers des plats végétariens, et faisaient très attention à nos régimes alimentaires. Ils prenaient même la peine de préparer une version avec pour les autres, et une version « sans » pour nous (par exemple, à la place d’une omelette aux pommes de terre, nous avions des pommes de terre sautées ; ou encore du pain à l’ail sans beurre, etc.).

Festin local dans un village laotien avec beaucoup d’options vegan

A Luang Prabang, ville la plus touristique du Laos et où il est donc facile de manger végane, j’avais été déçue de ne pas pouvoir manger une part de gâteau d’une boulangerie qui semblait réputée dans la rue principale.

J’ai donc discuté avec la dame qui concoctait les fameux gâteaux en lui expliquant mon désappointement, et celle-ci m’a assuré avec un sourire qu’elle essaierait désormais de préparer des cakes et autres muffins sans produits d’origine animale.

Je n’y croyais pas vraiment jusqu’à ce que, deux jours plus tard, en repassant devant, je découvre qu’en effet, il y avait déjà quelques nouvelles options végétaliennes. J’étais bluffée, et suis repartie avec un délicieux muffin à la banane !

Gâteaux vegan… sur demande !

EN BREF

Ce voyage m’a permis de constater les avancées du véganisme qui s’implante de plus en plus dans les pays en voie de développement. Certes, il s’agit le plus souvent d’initiatives d’occidentaux présents sur place, mais j’ai rencontré par exemple beaucoup de vietnamiens véganes et militants pour la cause animale ainsi que pour la préservation de l’environnement.

Ainsi, le schéma est toujours le même : ce sont dans les pays les moins en accord avec le droit des animaux et avec le plus d’excès que les choses bougent.

Le Vietnam est un pays complexe et il n’a pas toujours été évident de voyager dans ce pays qui maltraite autant les animaux, qui expose des cadavres de toutes sortes au bord des routes, et qui apprend aux enfants à frapper les chiens et les brebis…

Non, il n’a pas toujours été évident de croiser de gros camions remplis de cochons les uns sur les autres, de canards lacérés par les pattes la tête en bas, de poulets morts sur les marché, et de chiens dépecés dans le grand NordMais il est important d’accepter cette réalité pour la combattre à sa manière.

Et il est encourageant de constater qu’en Chine comme au Vietnam, de plus en plus de gens s’insurgent de la manière dont sont traités les animaux.

 

Réagir à cet article
Valentine Eva Donia

Minimaliste-nomade-écolo et emplie de compassion

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *