[Portrait] Margot, organisatrice de repas végétaliens sans gluten

Dernièrement plusieurs repas véganes, sans gluten et très alléchants ont été organisés à la Maison Verte de Romont. En voulant en savoir plus sur la personne qui se cachait derrière cette démarche prometteuse, j’ai pris contact avec Margot, l’organisatrice, pour parler un peu de son parcours enrichissant de globe-trotteuse.

Hello Margot, pourrais-tu te présenter un peu?

Je m’appelle Marguerite Tercier, mais vous pouvez m’appeler Margot ;-).

J’ai 22 ans et j’habite à Broc dans le canton de Fribourg avec mon compagnon. Je suis addict aux voyages: j’adore découvrir de nouveaux endroits, de nouvelles personnes et que chaque jour soit différent. J’étudie le yoga, je suis comptable à domicile, je fais quelques traductions (anglais-français) et j’aime écrire des articles de voyages ou de réflexions.

Margot à Bali, où elle y a vécu deux mois.
Margot à Bali, où elle y a vécu deux mois.

Mon compagnon, Zak, et moi organisons régulièrement des repas véganes sans gluten. Les gens peuvent également nous contacter pour l’achat de faux’mages végétaux ou de pain sans gluten.

Nous avons également d’autres projets en cours.

Comment as-tu découvert le véganisme?

J’ai découvert le véganisme en suivant une youtubeuse crudivore canadienne nommée Sonya Anvar.

Comment la transition s’est passée ?

En novembre 2012, j’ai décidé d’arrêter complètement ma consommation de viande. À cette époque, j’avais de la peine à partager mes ressentis et je gardais tout intérieurement. Cela faisait déjà plusieurs mois que la viande me dégoûtait. Cependant, mon papa étant producteur de bœuf, je n’osais pas en parler. Grâce au soutien de mon ex-compagnon, j’ai eu le courage de suivre ce nouveau régime alimentaire malgré les réticences de mes proches. Je ne savais que peu de choses sur la maltraitance des animaux, mais j’avais comme une voie intérieure qui me disait que manger de la viande n’était pas juste.

Ensuite, en septembre 2013, lorsque je suis arrivée en Nouvelle-Zélande où j’ai passé neuf mois afin d’apprendre l’anglais, j’ai pris la décision de devenir végétarienne et donc de cesser ma consommation de poissons. Pourquoi les animaux terrestres auraient plus de droits que les animaux aquatiques ? Comme je vivais seule à Auckland (mon ancien copain était également en Nouvelle-Zélande, mais nous avions pris la décision de vivre cette expérience séparément), suivre un régime 100% végétarien était très facile.

Ensuite, un peu avant les fêtes de Noël, je commençais à me poser de plus en plus de questions sur le végétalisme, en particuliers le crudivorisme. Effectivement, à ce moment-là, j’avais énormément de problèmes de digestion (sans doute dus à ma forte consommation de produits laitiers et de gluten ; je ne mangeais déjà plus d’œuf).

Cependant, j’avais de la peine à faire le pas, du fait que j’avais très peu d’informations concernant le véganisme. En effet, je ne connaissais personne qui suivait ce mode de vie. Je regardais régulièrement les vidéos d’une youtubeuse crudivore canadienne nommée Sonya. Ensuite, j’ai commencé à regarder des vidéos sur la manière dont on traitait les animaux dont celles de Gary Yourofsky. Mon choix était fait… je ne le faisais plus pour ma santé mais pour le droit des animaux ainsi que la protection de notre pauvre planète. Mon ex-copain avait de la peine à comprendre et ne m’encourageait pas sur cette voie.

Après les vacances de Noël, il décida de rentrer en Suisse. Je suis restée cinq mois de plus seule en Nouvelle-Zélande. Je terminai mon école en février 2014 et décidai de partir à la découverte du pays en faisant du wwoofing (travail dans des fermes ou communautés en échange du logement et de la nourriture).

Sur le site officiel du wwoofing en Nouvelle-Zélande, j’avais trouvé de nombreux endroits où les personnes étaient végétariennes ou véganes. Toutefois, pour ma première expérience, je pris la décision d’aller une semaine dans une ferme de production laitière afin de voir par moi-même la considération que l’on donnait vraiment aux droits des animaux. Même si la manière dont on traitait les vaches et les vaux n’était pas autant intensive que les vidéos que j’avais regardées, j’ai pu voir énormément de tristesse, d’épuisement et de souffrance. Les veaux si maigres loin de leur maman, les vaches marchant difficilement dû à une intense fatigue, leurs pis infectés et parfois retirés, l’angoisse dans leurs yeux… j’ai beaucoup pleuré… j’ai pris ma décision, j’allais devenir végane à 100%.

Après cette horrible semaine, je partis loin  en sac-à-dos dans le nord du pays à la découverte d’une communauté végane vivant en autonomie. Je suis restée une semaine là-bas. C’était la première fois que je rencontrais des personnes végétaliennes et j’ai appris beaucoup de choses. Il y avait une femme qui était crudivore depuis des années. Elle m’épata et je décidai de devenir crudi-végane.

Fin mai, c’était pour moi l’heure de rentrer en Suisse. Mon retour se trouva être très difficile. Les gens ne comprenaient pas mon nouveau mode de vie et jugeaient beaucoup. Même certains membres de ma famille pensaient que j’étais rentrée dans une secte. Gentiment, je suis rentrée dans un assombrissement profond et je perdis énormément de poids. Pour vous donner une idée : maintenant je fais une cinquantaine de kilos et en hiver 2014-2015 je faisais plus de 20 kilos de moins.

Ceci n’a malheureusement pas arrangé le regard des gens concernant mon alimentation. Certains pensaient qu’il fallait me faire interner. Heureusement, mon papa m’a beaucoup soutenu et il refusa catégoriquement. Il avait eu l’expérience avec ma maman décédée et savait que ce genre d’institutions n’étaient pas saines. Mise à part une très grosse fatigue et des difficultés à me concentrer, je n’avais heureusement pas d’autres effets dus à cette maigreur. Cependant, ces deux symptômes m’empêchèrent de continuer mes études de naturopathie et de travailler.

Un soir, la peur que peut être ce serait ma dernière nuit m’ouvra les yeux. Je voulais vivre !!! Ce que je voulais plus que tout : voyager ! Je parlai de mon projet à mon papa : je voulais aller en Thaïlande. Il avait peur et voulait que je reprenne du poids avant. J’avais tellement envie de partir ! Je commençai un régime alimentaire principalement de jus de légumes, bananes et de patates douces à volonté. En un mois, j’avais déjà repris six kilos !

Mi-avril 2015, je partis pour l’Asie où je suis restée six mois. Durant ce séjour, je ne mangeais presque que des fruits (parfois du riz, des salades ou des jus de légumes) et je repris goût à la vie ainsi que du poids. En octobre 2015, j’embarquai pour l’Australie (deux semaines) puis ensuite pour la Nouvelle-Zélande où je suis restée six mois. Pour des raisons financières, durant mon séjour en Océanie, je ne pouvais malheureusement pas manger que des fruits mais je continuais évidemment à suivre une alimentation 100 % végane.

communaute-vegan-thailande
Communauté végane en Thaïlande

Quelle est ta relation avec la cuisine depuis que tu es végane?

Avant que je devienne végane, je ne savais pas bien cuisiner. J’étais même une catastrophe :P. Je pouvais éventuellement préparer des pâtes ou du risotto.

En 2013, quand je vivais seule en Nouvelle-Zélande, je ne mangeais que des birchers, des salades, des fruits, du pain et des yogourts. Quand je suis devenue crudi-végane, j’ai commencé à beaucoup m’intéresser à la cuisine, particulièrement quand je faisais du wwoofing et que je devais préparer les plats de mes hôtes.

Lors de mon retour en Suisse en 2014, je voulais montrer aux gens que manger végane, ce n’était pas seulement de la salade et des graines. Du coup, j’invitais régulièrement des amis ou ma grand-maman et j’essayais toujours de les épater. J’avoue que pour moi-même je ne cuisine pas beaucoup.

Quand j’ai faim je n’aime pas vraiment attendre. Cependant, j’ai une vraie passion à cuisiner pour les autres. J’aime faire plaisir au travers de ma cuisine et pourquoi pas rendre les gens sensibles au véganisme. Depuis que je suis avec mon nouveau compagnon, originaire de la Nouvelle-Zélande et aussi végane, je cuisine tous les jours.

Quelles sont tes plats favoris ? Comment ça se passe à la maison?

En ce qui me concerne, j’aime toujours autant les fruits. Je ne peux pas passer une journée sans en manger ! Alors je me fais des grands plats de fruits ou des gros smoothies à la mangue. Sinon, j’aime me faire des spaghettis de courgette en changeant régulièrement la sauce :D. J’apprécie aussi un bol de patates douces cuites à la vapeur avec du safran, du jus de citron et des herbes pour le soir.

À la maison c’est très simple car je vis avec mon compagnon qui est également végane. Je prépare aussi régulièrement des petits plats véganes pour mes grands-parents qui vivent à l’étage du dessus.

Parle-nous un peu de tes soirées culinaires que tu organises en ce moment?

Quand j’étais en Nouvelle-Zélande avec Zak, nous sommes allés à un festival végane.

En regardant, les différents stands je dis à Zak : « Mais moi aussi je pourrais faire ça ! ». J’avais cette petite idée qui resta dans un coin de ma tête. Lorsque Zak est venu me rejoindre en Suisse, il y a trois mois, nous prîmes la décision de nous lancer dans la confection de faux’mages. En Nouvelle-Zélande, on peut acheter des fromages végétaux dans les supermarchés alors qu’ici pas.

Puis, nous décidâmes d’organiser des événements culinaires afin de faire découvrir nos faux’mages et la cuisine végétale afin de promouvoir le véganisme. Nous avons eu la grande surprise de constater que personne n’était végétalien lors de notre précédente soirée à Romont, et pourtant tout le monde était très intéressé et ils ont adoré !

Notre repas du 23 juillet dernier organisé à R
Notre repas du 23 juillet dernier organisé à R
Aperçu de notre soirée du 27 août
Aperçu de notre soirée du 27 août

Quels sont tes inspirations, dans la vie, en général?

Cette question me rappelle ce que mon compagnon m’a demandé il y a quelques jours : « Mais qu’est-ce qui te rend heureuse, Margot ? ». Il m’en faut peu pour être heureuse. Pour être brève : le yoga, les voyages, passer du temps avec les personnes que j’aime, le sport, l’écriture et la cuisine. Pour développer mon imagination ou mon côté un peu artiste, je dois m’accorder au minimum une heure de yoga avec méditation par jour.

Mon rêve dans la vie serait de trouver un emploi qui me permette de voyager (une combinaison de deux passions).

Yoga, méditation et les voyages m'ont sauvés
Yoga, méditation et les voyages m’ont sauvée

Une recette sympa à nous partager?

Spaghettis de courgette avec crème aux champignons – une recette simple, rapide et saine.

Ingrédients :
Une petite courgette
Champignons de votre choix (j’adore les chanterelles fraîchement cueillies)
50 gr de noix de cajou (trempées une nuit dans de l’eau filtré puis rincées)
Un demi citron
1 c. à café de levure maltée
Une pincée de piment doux
Une pincée de poivre
Une pincée de sel noir de l’Himalaya
Quelques feuilles de basilic
Quelques tomates cerises

Matériel :

  • Spiralizer: machine pour faire des spaghettis de légumes (personnellement j’utilise un Spirelli) si vous n’en possédez pas, utilisez simplement un éplucheur à légumes
  • Un blender

1. Dans une petite casserole, mettez vos champignons lavés, un peu de sel noir puis recouvrez avec de l’eau. Laissez cuire une dizaine de minutes à feu moyen. Égouttez.
2. Enlevez la peau de votre courgette puis à l’aide de votre coupe légumes, Spirelli ou de votre éplucheur, faîtes vos spaghettis. Vous pouvez les utiliser crus ou les cuire quelques minutes à la vapeur.
3. Après avoir rincé vos noix de cajou, mettez-les dans un blender avec le reste des ingrédients (sauf le basilic et les tomates cerises) jusqu’à l’obtention d’une crème onctueuse (rajouter un peu d’eau si nécessaire).
4. Mélangez ensuite vos champignons avec la crème avec les spaghettis.
5. Rajoutez quelques tomates cerises et quelques feuilles de basilic.
6. Servez.

Merci pour ton témoignage et partage… envie d’ajouter quelque chose ?

J’aimerais à travers mon vécu aider les gens vivant les mêmes situations que j’ai pu avoir (dépression, troubles du comportement alimentaire, problèmes d’intégration, etc.). Si je peux aider, n’hésitez pas à me contacter.

 

Réagir à cet article
Partage et fais passer l'info! Facebook 0 Twitter 0 Pinterest 0 Aime cet article 1

Mlle L

Grande curieuse, amoureuse en cuisine, baroudeuse à petit budget. Créatrice de VeggieRomandie.ch - Organise des sessions de dessin Draw&Drink

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *