Ciné, photo, art

Une illustratrice réalise un #inktober percutant pour mettre en avant la cause animale

Le #inktober, ce challenge qui consiste à réaliser un dessin chaque jour du mois d’octobre selon un mot-clé quotidien défini à l’avance, a touché à sa fin il y a quelques jours. Ce défi permet à de nombreuses personnes créatives de mettre en avant leur talent d’illustration et également de sortir de leur zone de confort et de tenter des styles artistiques différents.

Et certains #inktober sont fascinants à suivre, si comme moi tu as un penchant pour le dessin et l’illustration, il y a vraiment de quoi faire plaisir à nos yeux. Mais celui qui m’a le plus tapé dans l’œil en cette année 2018, c’est le Inktober réalisé par l’illustratrice Layla Benabid – une artiste dont on en a déjà parlé il y a quelques temps sur le webzine.

L’occasion pour moi de reprendre contact avec elle, et de parler plus longuement de son travail assez puissant sur ce Inktober.

Le Inktober 2018 est terminé. Je ne pensais pas tenir les 31 jours lorsque je l'ai commencé…Je suis à la fois…

Gepostet von Layla Benabid am Freitag, 2. November 2018

 

Hello Layla, as-tu participé les autres années au Inktober, en relevant le défi comme plein d’autres illustrateurs-trices, jusqu’au bout?

Oui, je ne suis pas à mon premier coup 😀 Je participe souvent au Inktober, mais par manque de temps, j’arrête souvent en cours de route, comme l’année dernière. Mais en 2016 j’ai tenu les 31 jours également.

Est-ce la première fois que tu « détournes » le Inktober complet pour traduire ton engagement envers les animaux?

En 2016 et l’année dernière j’ai ajouté la « contrainte » des animaux non humains pour chaque thème. Mais je mettais juste en scène des animaux NH.

J’avais vendu tous les originaux en soutien à différentes associations dont certaines me tiennent particulièrement à cœur, comme le Doggy Bag Crew dont je suis la marraine, et la Fondation Santuario Gaia.

Cette année j’ai décidé de montrer l’exploitation animale et plus généralement ce que subissent les animaux non humains à cause de l’activité de l’espèce humaine.

Combien de temps as-tu consacré par dessin?

Pas mal de temps 🙂 Tout d’abord, chaque dessin m’a demandé un temps plus ou moins long de documentation, de recherche de modèles, de réflexion sur la composition de certaines images.

Ensuite j’ai fait un crayonné plus ou moins poussé suivant les dessins et enfin l’encrage. J’ai travaillé sur un format A5, afin de ne pas me donner un travail trop colossal et risquer de ne pas tenir le rythme. Certains jours, j’étais plus efficace que d’autres, donc le temps de travail variait aussi à cause de cela.

Pour chaque dessin, j’ai passé en tout entre 30 minutes et 4 heures.

Quels dessins effectués durant cet Inktober t’ont le plus touché, et pourquoi?

Ils m’ont tous touchés. Car ils sont tous le témoignage de souffrances physiques, psychologiques et de morts inutiles.

J’ai été malade pendant tout le mois d’octobre… je commence à croire que c’était lié. Me confronter aux images a été très difficile pour moi. Surtout pendant la phase de recherche. J’ai pleuré. J’ai été nauséeuse. J’ai eu la gorge serré, le ventre noué.

Mais je ne pouvais pas arrêter.

J’ai mis mon boulot de côté et j’ai continué. Pour elles et eux. En espérant que ça leur serve. En espérant avoir semé quelques graines. Si je dois en choisir quelques uns en particulier, c’est qu’ils sont liés à ma propre histoire :

#21 Drain – Vider
L’ours à collier dans les fermes avec le drain enfoncé dans le ventre pour récupérer sa bile.
Le jour où j’ai découvert cela, ado, j’ai compris que tout ce que je pouvais imaginer de pire niveau cruauté, torture envers les autres individus existait déjà et que je n’étais pas assez imaginative dans ces domaines par rapport à tout ce qui se fait réellement.

Drain – Vider

#24 Chop – Hâcher
Le massacre des dauphins dans les îles Feroe.
Je me souviens découvrir les images de massacres de dauphins au Japon puis à Feroe. Devant ma télé, je devais avoir 19 ans. Je pleurais. Je me sentais juste totalement impuissante. En moi, la colère se nourrissait et grandissait.

Chop – Hâcher

#26 Stretch – Etirer : La fourrure.
Les animaux qui hurlent, la chair totalement à vif, écorchés, relevant la tête les yeux sans paupières, leur corps jeté sur des milliers d’autres corps d’animaux morts pour « les plus chanceux ».

Tout ça pour une capuche ? Un pompon sur un bonnet ? Un manteau ? Je n’ai pas de mots.

Stretch – étirer

#29 Double : Les niches à veaux.
Quand j’ai découvert l’envers des produits laitiers alors qu’avant même d’arrêter de manger la chair des animaux je ne mangeais plus de veaux ni d’agneaux…. La claque. J’ai arrêté les produits laitiers dès que j’ai su. Mon entourage a été choqué car j’étais une très grande consommatrice de produits laitiers et en particulier de fromages. Mais impossible de continuer à financer ça.

Double

Je pourrais encore parler de chaque dessin. Car chaque souffrance ou mort m’atteint. Mais je ne veux pas parler de moi plus longtemps. Je veux qu’on parle d’eux.


Retrouve la série complète de ces dessins sur la page FB de Layla Benabid. Un recueil imprimé sera disponible en avant-première lors du Festiv’ALARM à Marseille, du 15 au 18 novembre 2018.


 

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A propos de l'auteur-e

Luisa
Grande curieuse écolo, amoureuse en cuisine, parfois baroudeuse (à petit budget). Créatrice de VeggieRomandie.ch - Organise des sessions de dessin Draw&Drink

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