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[Végéphobie?] Suicide d’un écolier suite à des harcèlements répétés

C’est une information consternante que nous décidons de relayer aujourd’hui. Un enfant de 12 ans a été retrouvé mort pendu. La raison probable de son geste selon sa mère? L’harcèlement scolaire dont il a été victime, principalement dû à ses convictions.

Bien que le drame date du début de l’année, ce n’est que cette semaine que le tribunal local a publié l’information.

Aucune note n’a été retrouvée, et son père reste convaincu que Louie n’a pas vraiment voulu se suicider. Cependant, Catherine Fenton, sa mère, pense différemment. Dans sa lettre lue à haute voix au tribunal, elle décrit l’harcèlement dont Louie était régulièrement victime depuis son arrivée dans son école.

On lui lançait des morceaux de viande, pour se moquer de son engagement envers les animaux et la protection de l’environnement, ce qui le forçait à quitter la cantine et à manger dehors. Louie s’est mis à fumer et à s’infliger des blessures corporelles.

Mme Fenton indique que Louie suivait un conseiller à ce sujet. Elle souligne aussi avoir approché plusieurs fois la direction de l’école à ce sujet, sans réaction. Fait qu’elle reproche à l’institution, qui pour le moment n’a pas fait de commentaire officiel sur ce drame.

Le juge, suivant l’opinion du père, n’a pas été convaincu que le jeune garçon ait réellement voulu se pendre. Il souhaite par contre s’enquérir des procédures mises en place par l’école au sujet de l’harcèlement scolaire.

Un sujet, qui heureusement, est traité de plus en plus sérieusement. Et qui doit rester la question principale liée à cette histoire.

Un cas de végéphobie ?

Cependant, on commence à lister plusieurs cas d’harcèlement liés à des convictions « végé ». Celui du petit Louie fait écho avec le suicide d’Emilie, 17 ans, militante végétarienne, début 2017.

Depuis une dizaine d’années, un terme spécifique d’harcèlement envers les personnes végéta*iennes apparaît dans les médias francophones: la végéphobie.

Le mot est apparu pour la première fois en 2001, dans le manifeste de la « Veggie Pride » de Paris. Il désigne «le rejet du végétarisme et la discrimination dont les végétariens et végétaliens s’estiment victimes».

Ce terme crée d’ailleurs la polémique depuis plusieurs années, en cause: sa nomenclature rappelant les oppressions systématiques dont sont victimes par exemple les personnes homosexuelles, transexuelles, etc (qui elles n’ont pas fait « un choix » comme le feraient les personnes véganes –  à ce sujet, une lecture intéressante chez Antigone XXI).

La tendance au sein de la communauté végéta*ienne est donc plutôt d’éviter ce terme… ou d’en trouver un autre.

Dans tous les cas, plusieurs journalistes et auteur-e-s de celle-ci se sont penchés sur ce phénomène et en parlent librement. Martin Gibert, auteur et rédacteur en chef de Véganes, écrivait en 2015:

Mesure-t-on bien toutes les conséquences de ces petits dénigrements quotidiens? Il faut connaitre et nommer la végéphobie pour mieux l’éradiquer.

Dans un article de L’Observateur/Rue 89 en 2013, Ophélie Gimbert, journaliste française et végétarienne, dénonce elle un comportement typiquement français: « Ce n’est pas anodin de faire des blagues à deux balles toutes les cinq minutes. Ça cache un véritable malaise dans la société française ».

Elle met en lumière des cas graves, comme par exemple celui d’une mère qui a perdu la garde de ses enfants, son ex-mari ayant utilisé l’argument des risques du régime végétarien sur la santé des enfants pour avoir gain de cause.

▶️ Ci-dessous, une de ses conférences :

 

Pourtant, souvent minimisées et dénigrées, ces attaques ont encore du mal à être reconnues.  Les adultes débattent de la question, se remémorant certaines situations inconfortables, mais qu’en est-il des conséquences de tels comportements sur des personnes en train de se construire et de chercher leur place?

A l’heure où de plus en plus de personnes choisissent d’adopter un mode de vie végane ou végétarien, dont des enfants, des adolescents et des parents, la question mérite que l’on s’y penche.

Sources: 1, 2

 

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